Une ombre d’argent… et de bleu aussi.

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La Silver Shadow, certainement la plus connue, car la plus répandue des Rolls-Royce, a débuté sa carrière en 1965. Elle marque une grande évolution dans l’histoire de la firme. La ligne est une ligne ponton et le radiateur retrouve ses gracieuses proportions des toutes premières Silver Ghost, proportions plus proches du Parthénon que d’une cathédrale. Mais surtout, elle présente nombre de ce qui apparaît chez ce constructeur comme de petites révolutions. Dotée (enfin) de freins à disques, cette Rolls-Royce est la première carrosserie autoporteuse de la marque ! Finis les châssis séparés ! On pourrait donc penser, que cette auto ne fut pas l’objet de réalisations spéciales de la part des carrossiers indépendants, ou non. Certes, beaucoup de Silver Shadow restèrent de banales (?) berlines. Mais très vite, des carrosseries originales et plus ou moins heureuses furent proposées. De fait, la seule alternative proposée par la firme était alors la Phantom V, dont la taille et le prix ne la destinaient pas à la même clientèle. Ceux qui désiraient malgré tout un coupé ou un cabriolet représentaient un nombre conséquent qui encouragea des carrossiers, devant maîtriser le principe de construction monocoque, à proposer ces produits sur la base de la Silver Shadow, plus accessible que le haut de gamme du constructeur. Rolls-Royce proposait par ailleurs sa propre vision, aussi raisonnable qu’esthétique, de la limousine : la berline rallongée de 10cm. Rapidement, H.J. Mulliner Park-Ward offrit une Silver Shadow convertible. Et contrairement au rare coupé James Young produit à 50 exemplaires, conservant la ligne ponton, MPW réintroduisit, en une lumineuse adaptation, la superbe coach line qui fit des Silver Cloud, un paroxysme d’élégance. Si ! Cette courbe qui descend nonchalamment vers l’arrière avant de rebondir sous la custode puis de replonger jusqu’à la poupe. Suggérant à la fois aisance et célérité. Aisance et puissance. La force tranquille quoi ! Si tant est qu’un slogan socialiste puisse exprimer les qualités d’une automobile peu destinée à ce type d’électorat.

Avant 1971, on ne parle pas encore de Corniche, mais bien de Silver Shadow coupé ou convertible. C’est donc à juste titre que Corgi-Toys présente sa référence 273 sous la dénomination Silver Shadow coupé H.J. Mulliner Park-Ward plutôt que Corniche. Cette miniature est intéressante à plus d’un titre. Dans la production Corgi-Toys premièrement. Elle est parmi les premières autos réduites au vrai 1/43 intentionnellement et non par un hasard fortuit (voir « les échelles« ). Et toujours dans cette perspective, mais aussi en tant que jouet, deuxièmement. Son appartenance à la trop rare série des voitures à roues détachables (voir « Take Off Wheels« ) en font un jouet aux qualités ludiques indéniables. Outre ce fameux système de roues amovibles permettant de simuler entretien ou crevaisons, elle a aussi une roue de secours dans la malle, tous ses ouvrants fonctionnels, des dossiers de sièges avant basculants et un moteur détaillé.

Sa boite fait encore appel à de belles illustrations spécifiques représentant le modèle dans un décor adapté. Toutes ces caractéristiques, associées à une production brève, en font aujourd’hui un produit sinon coté, recherché et qui trouve toujours preneur dès lors que le prix demandé n’est pas excessif. Surtout connu en blanc nacré sur un gris bleuté mat, il existe aussi dans un coloris bien moins fréquent. Sa version gris métal sur bleu métallisé est intéressante, au-delà de sa diffusion limitée, vous verrez pourquoi. L’aube des seventies voit un drame se jouer dans le monde des autos miniatures. L’apparition des « speed », « whizz », « fast » et autres « va vite »… wheels ! Nous n’avions que rarement droit, jusqu’alors, à des jantes spécifiques selon les modèles. Mais elles étaient réalistes, et elles étaient tout bêtement de vraies jantes ! C’est dire que nous avions aussi des pneus sur nos autos préférées. Mais avec l’arrivée des roulements à aiguilles ou roulements rapides, sont arrivées les roues boutons ! Fausse appellation en fait. Ces roues sont plus laides que des boutons, et surtout beaucoup moins pratiques dès qu’il s’agit de fermer sa veste, par exemple. Chez Corgi-Toys, c’est bien simple, le changement de roues, sept mois seulement après la sortie du premier modèle, a donné une nouvelle référence : la 280. Mal taillées ces roues gâtent l’allure générale de l’auto maintenant trop haute sur pattes. Leur aspect « sport » cadre, de surcroît, mal avec le caractère aristocratique de la voiture. Mais l’horreur n’a été parfaite qu’après divers balbutiements. Et parmi ceux-ci, il y a eu chez Corgi-Toys les Whizzwheels « red spot » (c’est l’appellation maison) ! Là c’est superbe… sur les voitures de course ! Avouez qu’une sorte d’enjoliveur « rouge pompier » au centre de la jante, ça ne va pas à tout le monde. Ca s’accorde assez mal avec certaines teintes. Soit. Ce système avait le mérite d’avoir encore de vrais pneus en caoutchouc, lui, au moins. Mais ne vous entêtez pas à vouloir déjanter ce genre de pneus si cela force un peu. Car un axe de roues de type WhizzWheels est fin, et la pression exercée risque fort de le tordre. La sorte de pastille rouge, nommée Redspot était montée sur une véritable jante en métal, peut-être du laiton pour ce que je connais des métaux. Pourtant, dans cette mise au point de l’hideux, il y a eu quelques étapes intéressantes. La Silver Shadow fut proposée en gris argent métallisé avec roues, certes monobloc, mais avec un dessin et un aspect matière de la jante bien plus réalistes. Si l’on excepte les divers motifs des boutons proposés sur la quasi-totalité des références 280, produites huit années durant, il existe donc trois sortes de roues. Les roues boutons, les roues monobloc avec jantes insérées et les rarissimes red spot. On notera d’ailleurs que si les deux derniers types roulent plus fluidement que les roues détachables de la réf. 273, il n’égalent en rien l’excellence des jantes à roues boutons, montés sur des roulements à aiguilles. De fait ce sont les seules roues qui méritent leur nom. Les autres n’apportant rien de plus que ce qu’offrait un modèle des années 1950. Là où la couleur de la miniature devient intéressante, c’est quand elle est identique sur plusieurs de ces versions, et qu’on la retrouve même sur la référence 273. La perception d’une automobile peut être bien différente suivant les robes qu’elle revêt, que ce soit dans la réalité ou à l’échelle. Une tenue identique permet donc de bien voir de quelle manière peuvent influer les seules roues sur la vision que l’on a d’une miniature. La combinaison gris argent sur bleu vif métallisés habille trois Silver-Shadow, qui bien que possédant la même carrosserie, sinon la même couleur de sellerie, ont un aspect bien différent. Evidemment, si l’on se replace dans le contexte, une note de couleur vive, un roulement bigrement amélioré pouvaient séduire le cœur de cible de ces produits, les enfants. Mais les collectionneurs de l’époque, et ceux d’aujourd’hui, attachés à une certaine fidélité de reproduction ne pouvaient alors, et ne peuvent faire aujourd’hui encore, qu’un seul et même constat. Celui que je pense vous ferez en regardant ces trois voitures de profil, sur un même cliché. Il existe nombre de variantes de cette Silver Shadow au 1/43. (Comme il en existe d’ailleurs au 1/36 sous la réf. 279, mais c’est un autre sujet.) Le recensement que l’on souhaite toujours incomplet existe au sein du Ghost Club International (voir liens). Ces rapides comparatifs ou mini rassemblements sont, je l’espère, l’occasion d’avoir une vue un peu plus globale, et aussi un plaisir pour l’œil. Les yeux. Les votres comme les miens.

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décembre 2011

A la suite de certaines remarques et demandes, j’enrichis cette page. C’est plus particulièrement la référence 280, modèle avec Whizzwheels qui apporte son lot de variantes. Sans les décliner toutes, on peut en observer quelques unes. Tout d’abord, et tout bêtement, les couleurs. On l’a déjà vu, il y a la grise à jantes chromées, les bicolores à jantes à roues « boutons » ou « red spot ». Mais il y a aussi les bleues, métal foncé ou clair, vif ou « France », des nuances de gris également, et deux types de roues « boutons », et même une promotionnelle pour le Financial Times en 1977. Observons donc en photo celles-ci. Ce qui est également intéressant ce sont les contre-portes qui sont parfois absentes. Communes aux versions à roues détachables (réf. 273). Comme l’auto est présentée vitres baissées, à l’exception du déflecteur, le fabricant a trouvé une solution pour obtenir une pièce pas trop fragile. De fait le déflecteur n’est qu’une petite partie de la pièce qui fait aussi office de contre-porte. Faite de plastique transparent, elle est peinte de la couleur de l’intérieur. Tellement bien que sur le premier exemplaire de Silver Shadow que j’ai eu, je ne comprenais pas pourquoi un des déflecteurs avait deux taches de peinture. Je me demandais même si les sièges eux-mêmes n’avaient pas été peints, et si par hasard, je n’aurais pas eu entre les mains un modèle superbement restauré, mais… restauré et non original. Et puis après avoir eu en main moultes versions de cette Silver Shadow au 1/43 de Corgi-Toys, j’ai compris l’astuce de montage, me suis expliqué les taches, et rassuré sur l’authenticité de mon exemplaire. Ensuite, il existe des variantes de boite. La plus belle est celle de la série « Take Off Wheels », mais il existe aussi pour la 280 une boite reprenant le même dos richement illustré. Elle est assez grosse et prend malheureusement beaucoup de place dans une vitrine. Ensuite, la boite qui semble la plus répandue est celle dont le dos montre deux belles… Mercedes ! Cette face de la boite, à priori cachée, est un excellent support publicitaire ! On peut même, pour ces boîtes observer des différences, de languettes, rabats ou aménagement intérieur. Heureusement, cette boite, la plus petite, a aussi une version avec un très beau cliché de la miniature. Bref, couleurs, présence de contre-portes, roues, boîtes, …, cette Silver-Shadow peut occuper longtemps par sa recherche de variations.

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