La première Phantom V de Dinky-Toys.

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Bien qu’estampillés Dinky-Toys, certains modèles ne déchaînent pas les passions, même s’ils ne sont ni atypiques, ni laids.

Ils peuvent néanmoins être dignes d’intérêt pour des collectionneurs dont le thème n’est pas Dinky-Toys mais ce type de véhicule. Chez Dinky-Toys England, la Rolls-Royce Phantom V, référencée 198 en est l’archétype.

Deux coloris, deux couleurs d’intérieur pour l’un deux. Point. Point ? Non, non. Du tout, Si l’on examine avec attention, évidemment, les caractéristiques de l’auto. Et son histoire dans la gamme Dinky-Toys aussi.

Présentée en février 1962, elle apporte encore une « première ». Les fameux « first » de Dinky-Toys. Et pas qu’une simple première ! Mais une nouveauté, assez révolutionnaire et étonnante, des vitres latérales descendantes ! Petite prouesse sur un jouet de 10 cm. Elle est équipée comme pratiquement tous les véhicules de tourisme chez Dinky-Toys, de la fingertip steering. Cette direction n’est pas toujours, suivant les modèles qui la reçoivent, une grande réussite (rayon de braquage gigantesque, toucher très ferme, retour au point milieu récalcitrant). Surtout par rapport à celle, hélas plus rare, de son concurrent Corgi-Toys. Elle montre cependant, dans sa conception, une excellente adaptation à la production en masse et à faible coût. Parce qu’elle n’est pas encore systématique, la présence de pièces rapportées et métallisées, pare-chocs, calandre et feux doit être soulignée. Enfin, et ce n’est que mon avis, la présence d’un chauffeur rend cette voiture parfaitement adaptée à la route. Je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas eu plus de conducteurs, chauffeurs et/ou passagers livrés avec les autos pour les rendre plus vivantes. Vidées de leurs êtres vivants, les autos semblent condamnées à l’immobilité. Avez-vous remarqué que dans une voiture en mouvement il y a souvent une personne au minimum ?

Bien que diffusée en grande quantité cette Rolls-Royce a un moindre intérêt pour les collectionneurs à la recherche de variantes. Elle ne présente en effet que deux robes distinctes. Enfin, c’est ce que j’ai, peut-être comme vous, longtemps cru. Sa première livrée, vert métal sur ivoire, pouvait accueillir qui un intérieur rouge, qui une plus rare sellerie bleue qui fut la première proposée. Ensuite, les exemplaires proposés en deux tons de gris auront cette caractéristique suivante : l’avant n’est plus bouterolé, mais la base en conserve le trou nécessaire aux premiers assemblages. Il me semble que c’est une caractéristique des exemplaires dans cette combinaison de couleurs d’après ce que j’ai pu remarquer. Si vous avez un tel exemplaire, ne faites pas comme ce collectionneur, ayant acquis par correspondance une telle miniature, qui a considéré son modèle comme restauré parce qu’il n’avait plus de bouterolle à l’avant. Regardez bien. C’est la plaque d’immatriculation avant, différente de celle des premières séries qui maintient la base à l’avant. Fait encore remarquable, sur ces exemplaires, on observe, de dessous, que la carrosserie est moins épaisse. Enfin récemment, je me suis trouvé en présence d’un exemplaire dont les deux gris n’avaient pas la même nuance que ceux vus jusqu’alors. Cette nuance est si marquée, qu’un simple cliché fait avec mon simple appareil, sur la table du séjour et en lumière naturelle qui plus est le montre aisément. Cette petite trouvaille est d’autant plus réjouissante, que j’avais acheté cette Dinky-Toys juste afin d’en récupérer des pièces détachées. Ma première surprise, déjà ô combien agréable, fut de découvrir un jouet en état proche du neuf. Après l’avoir montrée à un expert internationalement reconnu, pour en confirmer l’authenticité, j’affirme donc aujourd’hui qu’il y a bien deux nuances de cette référence 198 lorsqu’elle présente deux tons de gris.

Mais il y a mieux encore. Tout d’abord on pourra rechercher la moins courante boîte export qui servira d’écrin aux derniers exemplaires produits et diffusés en Amérique du nord. Mais surtout ensuite, on pourra, à condition d’avoir de bons rapports avec son banquier, dénicher l’une ou la totalité des sept coloris des modèles assemblés en Afrique du Sud par Harris. Ces exemplaires, qualifiés de rarissimes par les commissaires priseurs les plus réputés en la matière, sont difficiles à dénicher et pouvoir ne serait-ce que les observer est déjà un grand plaisir pour tout collectionneur passionné. Toutes les pièces sont identiques aux modèles que l’on qualifiera d’anglais. De fait, et c’est vrai pour toutes modèles sud-africains, Dinky-Toys France ou Angleterre envoyait toutes les pièces des modèles concernés. La peinture et l’assemblage étaient assurés sur place.

Comme sur toutes ces Dinky-Toys arrivées en pièces, afin d’être montées dans l’hémisphère sud pour échapper aux exhorbitants droits de douane sur les produits manufacturés, les bouterolles sont cavactéristiques. Elles suffisent à elles seules, à les authentifier autant qu’à les identifier (une des variantes a l’exacte combinaison de couleurs proposée par Dinky-Toys Angleterre pour la première variante). Evidemment trouver la boîte originale où seules quelques mentions indiquent bien que le modèle a été assemblé en Afrique du Sud est encore moins courant.

Peut-être en parle-je avec des trémolos dans la voix. En tant que collectionneur de Rolls-Royce à l’origine, d’une part, et comme amateur de Dinky-Toys Angleterre du début des années 1960’s d’autre part, je regarde forcément cette belle avec des yeux brillants. Quelle que soit sa rareté et son état. Pas une madeleine de Proust. Juste un jouet merveilleux dont l’éclat ou la patine disent les joies d’enfants, racontent l’insouciance et les sourires.

J’ai annoncé cette Phantom V comme la première de Dinky-Toys. C’est vrai, il y en a eu une autre.

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