La première Rolls-Royce de chez Dinky-Toys

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Pour le néophyte il est difficile de reconnaître une Dinky-Toys d’avant-guerre d’une autre d’après guerre, dès lors qu’il s’agit d’un même modèle, évidemment.

L’entrée en guerre de l’Angleterre a provoqué des décisions ministérielles, utiles à la production d’armement et de munitions. Elles ont interdit la production de jouets en métal en janvier 1942, puis la distribution des stocks existants en septembre 1943. Le métal pouvant servir à construire du matériel militaire. Les préoccupations populaires et nationales étaient recentrées sur les choses essentielles, dont la défense du pays. Avec le déclenchement des hostilités, les Dinky-Toys ont vu leur diffusion fortement ralentie dès la fin de 1939. La production arrêtée, les stocks ne pouvant être écoulés, les activités de la firme ne pouvaient être qu’organisation, conception et planification.
un charme indéniable
Evidemment, la paix une fois rétablie, il a fallu écouler les stocks avant de recommencer à produire. Les tout premiers exemplaires vendus après-guerre, furent donc ceux produits avant le conflit et restés dans les entrepôts ou magasins.

Parallèlement on s’affairait à améliorer les produits existants autant qu’on en concevait de nouveaux.

Je n’ai ni les moyens ni même peut-être le goût à collectionner toutes les Dinky-Toys, surtout si elles sont d’avant la guerre. Je ne peux donc prendre en exemple qu’un seul modèle d’une série donnée, la 30 : la Rolls-Royce référencée 30b. Cette série, sans doute la moins recherchée parmi ses contemporaines, a vu plusieurs de ses modèles utiliser un chassis commun. Comme toutes les autos miniatures de ces années là, il est bien difficile d’en connaître le modèle. Les autos de luxe sont livrées en châssis nu à des carrossiers réputés. On peut compter presque autant de carrosseries différentes que de châssis… Et puis des fabricants de jouets proposent des sortes de concepts, qui ne sont pas la reproduction d’un voiture existante, mais bien une idée de voiture. c’est le cas, par exemple de Tootsie Toys pour le peu que j’en connaisse. Grace aux spécialistes, cette Rolls Royce immédiatement identifiable à sa calandre et au R qui y figure, pouvait être à l’époque de sa sortie, l’un ou l’autre modèle contemporain ou même plus ancien. C’est une 20/25 hp carrossée par Gurney Nutting.

On entend dire souvent qu’il est simple de distinguer une production d’avant-guerre d’un modèle identique post-conflit. Les premiers ont des chassis creux alors que les derniers ont des chassis pleins. Une autre variante de chassis plein existe avec Dinky-Toys directement gravé à plat sur le chassis et non sur une sorte de support Eh bien ce n’est pas tout à fait vrai. Les pneus sont blancs avant guerre, puis noirs ensuite, mais ils peuvent avoir été changés. Soit par goût, il y a longtemps par les enfants à qui les automobiles appartenaient, soit parce que complètement détruits ce qui n’est pas impossible. Les ensembles chassis et ailes d’après guerre sont toujours noirs. C’est vrai. Mais certains le sont aussi avant les hostilités. On notera qu’il est une façon plus sûre d’identifier l’avant de l’après guerre. J’y reviendrai plus tard.

Observons les trois chassis présentés ci-contre.

Le plus haut est de type ouvert et il est bien d’avant guerre.

Celui du milieu, lui aussi du même type est cependant d’après-guerre. De l’immédiat après-guerre en fait et vraisemblablement limité aux années 1946 et 1947.

Car le chassis du bas, de type plein ou fermé correspond à une fabrication d’après 1947, pendant deux années durant lesquelles cette Rolls-Royce apparue en 1935 ou 1936 fut encore construite.

Si vous observez ces clichés, les pneus sont différents, mais sont aussi les seules pièces qui peuvent avoir été changées sur un modèle pourtant en condition originale, chose tolérée par les collectionneurs les moins intégristes.

On notera aussi que l’ensemble pare-chocs / calandre / phares est positionné plus en avant sur la première moitié. C’est dû à l’usure du modèle présenté dont la calandre s’éloigne parfois de la carrosserie. Mais il est vrai que la partie creuse et presque rectangulaire du dessous est un poil plus grande sur la première version. Cependant on y observe, sous la partie droite du pare-chocs, une trace de corrosion intermoléculaire. Ouvrons une parenthèse. Cette corrosion est, avec la réutilisation des jouets en métal pour l’effort de guerre d’une part, la vie plus longue (et mouvementée ?) de ces objets d’autre part, la principale cause de la raréfaction des Dinky-Toys des années 1930. Elle est due à l’interaction des molécules de plomb avec le zamak. Lors de la préparation de cet alliage de zinc et d’aluminium, il  subsistait des résidus de plomb, métal encore utilisé pour d’autres jouets ou parfois pour les voitures elles-mêmes. Cette terrible affection est parfois, par erreur, appelée « metal fatigue ». Il s'agit là d'une accumulation en plaque moins terrible que les formations de ligne provoquant des fissures Elle peut atteindre tous les types de pièces coulées avant la guerre. Chassis, roues, caisses, accessoires. Et après la guerre des modèles d’autres fabricants, jusqu’à très récemment avec la marque Norev. Un modèle atteint, peut ne présenter que des manques sous forme de minuscules plaques (voir ci-contre) ou, assez souvent hélas, des grandes fissures. Dans un cas comme dans l’autre, les modèles sont souvent condamnés à une réelle auto-destruction. Oui, même les camions… (désolé je n’ai pas pû m’en empêcher). N’allez pas croire que c’est pour ce facile jeu de mot que j’ai ouvert cette longue parenthèse maintenant refermée. Sur ce superbe et rare coloris, une fissure a emporté une aile arrière. Est-ce cela, avoir du plomb dans l'aile ?

 Les larges trous présents dans le chassis n’ont pas la même découpe. Plus triangulaires sur les secondes versions, ils sont plus arrondis sur les premiers modèles. Mais pas faciles à repérer n’est-ce pas ?

Autre élément distinctif, pas évident à visualiser sous cet angle : le diamètre de la section des axes de roues. Accrû de 1,5 mm à 1,9 mm, il permet une plus grande solidité du jouet. Le comblement des trous du chassis est aussi supposé y contribuer, d’après tous les spécialistes. J’imagine mal cependant que l’on put détruire facilement un chassis fut-il ajouré. Personnellement, tout modeste collectionneur que je suis, je pencherai plutôt pour des raisons techniques telles que la facilité de démoulage… Oui, de solidité donc… Lors du processus de fabrication. Admettons que je n’ai rien dit.

Petit couple agréable à observer

Les axes de roues sont pincés et non matés sur tous ces modèles. Mais c’est à cet endroit que la différence est la plus frappante. Regardez bien à l’extérieur des roues. Ceci est observable facilement sur le cliché des trois châssis. Non seulement la partie qui dépasse semble bien plus frêle, mais en plus elle est plus courte. Ces axes, dits fins, sont à coup sûr la façon de reconnaître les modèles les plus anciens, c’est-à-dire ceux fabriqués avant la guerre. Un axe de plus grand diamètre n'y logerait pas.

J’entends d’ici les esprits suspicieux dire que certains modèles d’après guerre pourraient être remontés avec des axes plus fins, dans le but de les faire passer pour des plus rares modèles de la décennie précédente. Mais dans ce cas, les axes auront tendance à se promener dans leur guide. Car les trous, pratiqués dans les carrosseries d’avant guerre, et dans lesquels sont enfilés les axes supportant les roues sont de la taille des tiges qu’ils reçoivent, pas plus. A tel point qu’il suffit d’un peu de poussière à ce niveau pour que, lorsqu’on fait rouler la voiture, ce soit non pas les axes qui tournent dans leur guide, mais les roues qui tournent autour des axes. D’ailleurs, regardez ce que donnent des axes sur un modèle restauré. Ils sont souvent plus longs tant il est difficile de les pincer sans abîmer la peinture des jantes. Mais détecter une restauration de qualité n’est pas chose aisée, et il s’agit ici surtout de distinguer les différents modèles en dehors de toute idée de falsification.

QUIZZ : Ci-dessous quatre modèles différents sont présentés. Saurez-vous reconnaître :
– Le modèle d’avant guerre (1)

– Le modèle d’immédiat après guerre (2)

– Le modèle de fin de production (3)

– Le modèle restauré (4)

Hmmm ? Oui...
Peut-être...

Oui ! c'est la... non.
Pourtant, là, je croyais

 (1)   C’est la bleue. Axes de roues très fins.(2)   impossible sans retourner l’auto (là, c’est la beige en très bon état)

(3)   impossible sans retourner l’auto (ici il s’agit de celle à la peinture très écaillée)

(4)   La rouge, avec des axes de roues épais et très longs. Et trop belle pour être d’origine.

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