Les roues détachables (take off wheels)

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Il est des séries mythiques chez certains fabricants.

La série 100 chez Solido, la 23 chez Dinky-Toys par exemple. Et puis il y a des véhicules ayant en commun une caractéristique marquante, qui ne font pas d’eux une série à proprement parler, mais en font une gamme bien à part, à tel point que mentionner leur spécificité les rattache d’emblée à leur famille.Roues détachables

C’est le cas de quelques autos de chez Corgi-Toys.
Si toutes les marques ont proposé des portes, capots et coffres ouvrants, des accessoires tels que des bagages ou des personnages, des vitres descendantes, une seule a proposé, à cette échelle un système de roues détachables.

Corgi-Toys n'était pas peu fier de présenter cette gamme. Et il y a de quoi !

Présentée en mars 1968, cette série de miniature utilise les boîtes de nouvelle génération. Elles ont bien évidemment les couleurs habituelles, mais elles installent enfin* Corgi-Toys dans l’ère moderne. Si elles conservent quatre de leur faces entièrement cartonnées et toujours illustrées, deux d’entres-elles sont largement ajourées pour que la voiture puisse être admirée derrière un cellophane. Si le fabricant était déjà passé des étuis à des boites différentes pour quelques modèles (Lincoln Continental, Corgi Classics…), on retrouve tout de même cette année là une particularité. Les boîtes des Rover 2000 TC et Mini Marcos sont surmontées d’une partie illustrée toujours magnifique, un peu à l’image de certains dioramas intérieurs d’autres modèles ou coffrets cadeaux. On y voit une représentation de l’auto en action. Un personnage agenouillé à côté d’une roue symbolise le fait que les roues sont amovibles. Les languettes latérales indiquent les références des roues de rechange.

Il ne faut pas s’étonner si les boîtes des miniatures sont souvent recherchées autant que les modèles. C’est une partie du voyage dans le temps, le parfum qui va avec la fleur. Et celles-là sont de véritables petits bijoux.

Oublions pour un instant la chronologie d’apparition des autos de la série. Autant j’aime parfois la rigueur, le détail, autant j’aime envisager le modèle réduit, comme une récréation, une rêverie, où l’émotion guide la découverte. Aussi, avec ma logique toute personnelle, je vous présente la référence 273. C’est une Rolls-Royce Silver Shadow coupé. Non, avant 1971, et cette réplique a été proposé aux enfants en mars 1970, on ne parle pas encore de Corniche.

Extrait du catalogue 1970. On notera que bien que sortie en mars de cette même année, elle est déjà annoncée comme n'étant plus en production

Longtemps boudé par ma personne à cause de son ensemble phares calandre mascotte assez grossier, son volant doré et immense, j’ai appris, il y a peu, à apprécier le charme de ce modèle réduit. Dès lors, c’est un des modèles que j’apprécie particulièrement. Tout d’abord acquise dans son coloris le plus courant, blanc nacré à flancs bleu gris, j’en ai longuement apprécié la qualité de peinture. Puis ses phares diamants que j’ai longtemps dédaignés quand je ne collectionnais que les Rolls-Royce miniatures haut de gamme.

Que ces boites sont belles ! Notez la richesse et la qualité de l'illustration que l'on voit sur la boite du bas qui a été tournée.

J’ai su goûter, ses ouvrants fort bien ajustés, et sa roue de secours. C’est la seule, avec la Rover 2000 TC, à offrir de quoi réparer, sans recourir aux packs de roues de rechange. S’il est en revanche un point commun à tous les modèles c’est le soin apporté à la justesse des voies. Fidélité dont pourraient aujourd’hui s’inspirer beaucoup de marques dont les productions d’anciennes sortent des ateliers chinois en ressemblant à des contemporaines tunées. Non, une berline des années 1960 n’a pas les roues qui emplissent leurs arches, ni même qui affleurent à la carrosserie ! Et Corgi ne tombe pas dans l’excès inverse (voir Jaguar Type E de chez Dinky-Toys). La fidélité ainsi obtenue est accentuée par l’attribution à presque chaque modèle de jantes qui lui sont spécifiques. La Silver-Shadow possède de superbes jantes tournées tout à fait dans l’esprit des enjoliveurs qu’elle arborait à l’époque. Et on y voit les deux R entrelacés.

Mes talents de photographe ne rendent pas hommage à la qualité de ces roues qui ne sont que des accessoires de jouets, rappellons-nous

On imagine aisément comme ont pu jouer les petits chanceux à qui elle fut offerte ! Aujourd’hui encore je la prête à ma fille qui non seulement s’occupe de réparer les roues, mais la monte aussi sur un pont élévateur dans son garage et ouvre le capot pour y réparer les pannes que nous inventons. Si on la destine plutôt à une exposition typique de toute collection de modèles réduits, elle offre évidemment un tas de mise en scène possible. Sur un pont pour la vidange. Coffre ouvert pour charger les bagages qui suivront les heureux passagers pour le week-end. Mais aussi quelques mises en situation un peu plus poussées.

Madame se remaquille pendant que Monsieur change la roue. Autre temps autres moeurs...

Comme on peut le noter sur l’extrait du catalogue de 1970, présenté plus haut, « ce modèle ne sera plus fabriqué ». Oui, le premier catalogue sur lequel elle apparaît, stipule qu’elle ne sera plus produite ! Cela signifie tout simplement que cette série hors-norme n’aura pas vécu longtemps. La raison est tout simplement due au coût de fabrication de ces voitures et à l’arrivée des roues rapides. Sophistiquées déjà de par leur système inédit, elles offrent toutes, ensuite, des particularités qui en font leur charme.Comme sur les rabats des étuis Dinky-Toys où étaient inscrites les références des pneus de rechange

Ce gros coupé luxueux, vous l’aurez vu, ou non à travers les illustrations précédentes, possède un capot ouvrant sur un moteur détaillé. Il emporte dans son coffre une roue de secours qui a son emplacement aménagé, possède des portes ouvrantes avec présence des déflecteurs et contre-portes assorties à la sellerie. Les sièges sont basculants et, grand classique chez Corgi-Toys, les phares sont des « jewel lights »ou feux diamants. Quand je vous dis que ces autos sont des bijoux. Enfin, il est possible de se procurer un pack de roues de rechange pour chacune des voitures de la série. Celles de la Rolls-Royce portent, en un pack de douze unités, la référence 1354. C’est indiqué sur les rabats.

Il y a de quoi parer aux pertes des plus étourdis

Ces packs sont aujourd’hui très facile à trouver. Perdre une roue ou deux était chose possible, mais avait-on vraiment besoin d’une douzaine de roues ? Ces packs coûtaient cher et peu d’enfants ont dû en avoir. Sans doute destinés aux revendeurs qui  proposaient les roues à l’unité, n’ont pas pu écouler les stocks. Voilà pourquoi on en trouve souvent et donc à des tarifs très raisonnables. J’imagine que
cela n’a fait que baisser la rentabilité (n’a-t-elle jamais été positive ?) de cette série si singulière. Mais au moins, cela témoignait du respect qu’avait le fabricant pour ses clients fussent-ils plus joueurs que collectionneurs.

Voilà, c’est tout pour cette Rolls-Royce. On pourrait en dire encore et encore. Si vous insistez je pourrai rajouter quelques anecdotes ou informations. Par exemple que, comme en atteste la publicité ci-dessous, les revendeurs se voyaient proposé ce modèle par lot de 6, sans doute une tradition héritée des premiers conditionnements de son rival Dinky-Toys. Mais il faut laisser la place au modèle suivant. Je sais déjà lequel sera présenté !

* Presque vingt ans auparavant, Mettoy, dont est issue la marque Corgi-Toys proposa ce genre de boite. La seule que je possède est de 1950 et le plastique fin et transparent n’était pas encore bien maîtrisé, d’après l’état de cette partie de ma boîte, et de celles que j’ai pu observer.

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Finalement c’est une présentation qui remonte le temps, puisque le second modèle que voici est le tout dernier de cette série. Il a suivi d’un mois la parution de la Rolls-Royce, et de deux ans tout juste le premier modèle. Il est, je trouve, moi qui suis pourtant collectionneur de Rolls-Royce, le plus attachant et le plus abouti de cette gamme qui ne dît jamais son nom.
Son nombre de fonctionnalités autant que la finesse de sa gravure et la justesse de ses lignes en font un must des miniatures de 1970. Produite en assez grand nombre, elle le fut cependant, comme le reste de ses compagnes à roues détachables, très peu de temps.

Ce coloris existe aussi mais il est en réalité plus proche du bordeaux que de ce vieux rose

Sa robe, que je trouvais vraiment d’un mauvais goût prononcé, me charme maintenant toujours plus à chaque fois. La robe laquée, verte, va à cette Corvette, comme un gant. C’est une prouesse technique que cette peinture en grande production sur un jouet aussi petit (échelle 1/46).

Toujours une magnifique illustration au dos de la boîte.

Le moulage est fin comme on peut le voir avec les ouïes latérales surmontées du monogramme « Stingray ».

Cette modèle accompagnait la Rolls-Royce vue précédemment dans une vente aux enchères d’un comissaire-priseur américain. Seule la belle anglaise m’intéressait, et il ne faisait aucun doute que je vendrais illico l’américaine une fois reçues ces deux Corgi-Toys. Mais voilà, quand j’ai reçu mon petit paquet d’outre-Atlantique, et que j’ai pris cette Corvette en main, je fus subjugué ! Je n’ai eu, effectivement, plus aucun doute. Si j'étais un bon photographe, vous verriez comme c'est vraiment beauElle a aujourd’hui une place de choix dans ma collection.
Ho-mo-gé-né-ï-té ! Voilà ce qui la caractérise. Même si je trouve que c’est la partie arrière la plus réussie. Peut-être pas forcément la plus fidèle aujourd’hui, c’était certainement la plus jolie il y a quarante ans.
Cette vue de la poupe magnifie les lignes de la Corvette, faites d’un mélange savant de courbes subtiles, et de force brute. Les feux « diamants » sont délicats, très bien posés (depuis leur apparation sur la référence 224 Bentley S Continental, on peut constater que des exemplaires de certains modèles ont parfois tendance à loucher) et suivant la lumière, ils prennent vie. C’est vrai que c’est le but, mais si l’on pensait que qu’une robe brillante pouvait atténuer la perception de scintillement des feux, il n’en est rien. Au contraire, comme une couleur vive ressort sur le blanc, les deux se soulignent mutuellement.

 Là encore mon cliché ne restitue pas l'harmonie qui se dégage de cette miniature

La partie avant n’est pas en reste. Car les feux, eux aussi sont de type diamant, et comme sur la vraie voiture ils sont escamotables. Un petit mécanisme central avant, placé sous la voiture permet de lever ou d’abaisser les phares à volonté.
L’avant est d’autant plus, à ne pas négliger que le capot, (très bien) peint en noir mat, révèle un moteur détaillé. Le plastique noir s’y marie au métal moulé avec la carrosserie, et chromé, comme pour animer le gros V8 américain qui propulsera cette auto bien campée sur pneus larges. Idéal pour des doigts d'enfant. Et pour les miens aussi !Certes, les roues manquent un peu de hauteur pour emplir leur arches, (c’est mon avis car je ne connais pas très bien les Corvette C3), mais elle a l’air agressif. Juste ce qu’il faut. Puisque nous sommes dans les choses qui fâchent, un petit peu, je mentionne l’habitacle. Il n’y a pas d’espace entre le volant, pourtant rapporté et l’assise du siège conducteur. Donc impossible d’y asseoir un conducteur et c’est dommage. Vous me direz certainement qu’en l’absence de portières ouvrantes, il n’y a de toute façon pas moyen d’y installer pilote ou passager. Eh bien si ! Car il est encore une fonctionnalité qui est intéressante pour un jouet de quarante ans ! Le T-Top est amovible et en deux parties.

Très sympathique cette 'vette ainsi décoiffée .

De petits dioramas très bon marché pour mettre des autos en valeur.

Ah oui, je crois que je vous avais promis de vous montrer comment fonctionne le système de roues détachables. Les jantes possèdent un axe troué qui permet de les enficher sur l’axe de roulement de l’auto. L’axe possède une gorge. C’est elle qui permet aux jantes de rester sur l’axe, celles-ci étant retenues par une partie du châssis une fois le levier, faisant office de cric, abaissé. C’est tout bête. Il suffisait d’y penser… et d’usiner.

Comme on peut le voir sur un plan plus large l’essieu, plus court que la normale, est bien fait d’un seul axe, car lorsque qu’on fait descendre une roue son opposée remonte. Oui, ces autos ont bien des suspensions ! Même sur les miniatures très fortement kilométrées, ce sytème fonctionne très bien. Et en plus celle-ci a les vérins vraiment dorés ! Enfin leur aspect l’est. Et c’est fidèle à la publicité qui annonce bien « Golden Jack ».
Que cela ne nous empêche pas de jouer ! Là encore l’auto se prête à quelques scènes sympathiques. Mais pour ne pas être redondant, je ne vais pas vous la présenter ayant crevé à l’entrée de Fontainebleau….

Un peu d'aide madame ?

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Autre extrait du catalogue 1971

Le modèle suivant n’est pas, pour moi, le plus intéressant de la série. Cette Toronado a cependant quelques détails intéressants.
Elle possède des phares escamotables, dont la commande est située en avant de la roue avant droite, et est donc visible lorsque la voiture repose simplement sur ses roues, et non pas dissimulée comme sur la Corvette.
Ce mécanisme est plus discret en réalité que sur la photo
Coucou !
Cela est dû à l’adaptation de la réf. 264, lancée un an et demi auparavant, au concept de roues détachables. C’est cette reprise du moule et en grande partie de l’équipement de cette version qui explique aussi que cette auto possède un crochet à l’arrière. L’Oldsmobile Toronado, a en effet fait partie du coffret GS36 incluant un bateau et sa remorque. Pas très discrète cette attache remorque, mais très efficace
La peinture, toujours très belle Chez Corgi-Toys n’appelle pas de critique et on notera juste que c’est certainement l’auto la moins pénalisée, en matière de roulement, par l’ingénieux système. Bien qu’elles soient, vous l’avez vu plus haut, suspendues ce qui est une petite prouesse, on n’arrive pas à la perfection de roulement des Whizzwheels, ni même au très honorable système classique. Et même si toutes les voitures de cette série roulent très bien, la Toronado, bien qu’elle use du même principe roule mieux que les autres. Peut-être n’ont-elles pas toutes vieilli de la même manière ? Je pourrai seulement constater que les Silver-Shadow dont j’ai eu quatre exemplaires (trois neuf et un en état de jeu) m’ont toutes procuré la même sensation, par exemple.

Je pourrais vous présenter la Toronado, comme on le fait habituellement. C’est à dire dans sa boite où elle fait battre le coeur en se laissant admirer à travers le cellophane. Si je le fais quand même, c’est pour vous permettre de comparer avec la même auto, mais posée sur sa boîte présentée de dos dont le dessin reste toujours un enchantement.

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Toujours extrait du même catalogueCette ènième américaine, qui indique bien vers quel marché Corgi-Toys portait son regard, est un jouet très intéressant. Evidemment, il propose toujours le fameux système de roues détachables (et l’on y trouvera, suivant les versions des verins dorés ou non, qui s’accompagnent d’un volant dans la même configuration, c’est-à-dire lui aussi doré ou non). Mais encore il propose deux fonctionnalités supplémentaires très ludiques. La première, et ce n’est pas un première chez les fabricants de miniatures qui le proposent déjà depuis longtemps, est la possible dépose de la capote.En prenant du temps on peut décapoter et recapoter à l'envie
Très convaincante dans ses formes, bien moulée, celle-ci apparaît fragile. Manipulée avec précaution elle s’emboîte sans effort et sans risque. Les points d’ancrage sont au nombre de trois. Deux à l’arrière au niveau de l’essieu, et un au dessus du pare-brise et qui figure le rétroviseur intérieur. Décapotée on retrouve la capote repliée par défaut dans le moule de l’intérieur, solution déjà choisie par ce fabricant sur la Jaguar Type E proposée en 1961 (voir corky.fr…..). Avant de passer à la seconde fonctionnalité, on notera tout de même les portières ouvrantes et munies de garnitures assorties à la sellerie, et les dossiers des sièges avant basculant. Une invitation à la balade

Oui ! J’y viens ! La fonctionnalité singulière et intéressante sont les feux, non pas rétractables mais occultables. Si vous possédez ce modèle, il se peut même que vous soyez passé à côté de cette attachante caractéristique. De fait les volets plastiques qui coulissent latéralement rechignent parfois à faire leur office.

Là, on comprend mieux, n'est-ce pas ?

Ils doivent être manipulés avec douceur et patience, grâce à l’ergot noir qui dépasse au niveau inférieur de la calandre. On découvre alors les feux diamants caractéristiques ! Un régal !

J’ai pu observer pour ce modèle, des boites différentes. Celles équipées du logo caractéristique qui représente un homme agenouillé une roue à la main avec la référence de la miniature sur la face avant, et une autre sans ces attributs. Flacon différent, ivresse identique et garantie.
Laquelle des deux garderiez-vous ?

Cette auto roule très bien, sans doute du fait de ses pneus étroits, et l’on déplorera que ses qualités ludiques soient entachées par l’impossibilité, comme sur la Corvette vue plus haut, d’asseoir un conducteur derrière le volant. Ou alors, à la limite, amputez-le de ses jambes et positionnez ses fesses sur le siège. Parce que le volant touche l’assise, hélas. Corgi-Toys a pourtant proposé nombre des ses véhicules avec chauffeurs ou pilotes.
Sous cet angle aussi ce cabriolet est séduisant
Et si l’on excepte les coffrets cadeaux en rapport avec la télé ou le cinéma et autres BD, ou les tacots, j’ai dans ma très modeste collection pas moins de deux Corgi-toys, tout à fait standard, conduites par d’imgambes personnages (lotus #318 et Chrysler #246).

Dommage que l'on ait pas, comme sur les modèles présentés précédemment, une belle illustration colorée…

Nous retraverserons l’Atlantique pour la prochaine présentation. Un véhicule anglais y sera à l’honneur.

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L’actualité bouscule un peu le planning prévu. Nous avons bien retraversé l’Atlantique mais le véhicule présenté est italien. Si je suis assez épris de ces petites autos aux roues amovibles, il en est de plus affectés que moi. Les objets anciens sont un moyen de voyager dans le temps.
Certains tentent, eux, de réécrire l’histoire !C'est même annoncé en français !
Corgi-Toys avait prévu d’intégrer d’autres modèles dans la série présentée ici, comme l’attestent certains dépliants ou catalogues.

Mais impératifs marketing et économiques obligent, ces modèles n’ont jamais vu le jour équipés du système « Take Off Wheels ». Pourtant les premières boites individuelles de la Lamborghini Miura illustraient ce propos, mais furent affublées d’autocollants vantant la nouveauté incontournable du moment : les Whizzwheels !

Logiquement la miniature était donc prévue pour recevoir le système qui nous intéresse. Alléchant.Un collectionneur acharné, et habile maquettiste, regrettant que la belle itialienne n’ait jamais pu se défaire de ses roues de secours a décidé de réparer ce déplorable choix du staff Corgi-Toys.

Encore !

Il a démonté une Lamborghini Miura stantard, et l’a tout simplement équipée de crics dorés.
Et ça fonctionne ! Des petites photos pour le plaisir !

La boite est simplement une des toutes premières produites dont le sticker « Whizzwheels » a été retiré. Car elles avaient été imprimées avec les illustrations du système « take-off wheels ».

Là, on le voit bien : le bouterollage ne ressemble en rien à celui du fabriquant anglais.

Découvertes sous les stickers, c’est cette version initiale à laquelle ce collectionneur enthousiaste a redonné vie.

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Si l’on excepte les projets non aboutis, les voitures à roues détachables reproduites sont américaines ou anglaises.
Vous avez pu découvrir les trois véhicules du nouveau continent. Peut-être étiez-vous un peu frustrés quant aux anglaises. Patience. Je pourrais aligner plus ou moins adroitement des mots pour vous parler des ces belles autos. Mais que seraient ces phrases sans quelques illustrations ? Vous le savez, je travaille à mon rythme. Celui d’un collectionneur amateur, occupé par ailleurs.
Vous avez de la chance cependant. Les photos de la Rover sont presque prêtes, et il ne devrait donc plus s’écouler beaucoup de temps avant que vous ne lisiez ces lignes. C’est pourquoi cette fois, vous le verrez, les clichés sont tous réunis en fin d’article. La Rover fait partie des tous premiers modèles de cette série à avoir été proposée aux (parfois grands) enfants, dès avril 1968 et surtout la première de la série à emporter avec elle une roue de secours. Et elle se voit !

Cette auto, typiquement britannique, porte sur son dos, tel un teenager porterait aujourd’hui une redingote, un délicieux anachronisme que seuls nos voisins anglais savent proposer sans que cela ne choque outre mesure. Il y a bien sur son couvercle de malle une roue de secours. Etonnant, en réalité, idéal cependant pour pousser la logique des roues détachables jusqu’au bout du jeu.
Quand on crève, il suffit de prendre la roue de secours contenue dans son logement, et de l’échanger avec celle crevée. Comme dans la réalité !
L’intérêt de cette auto, ne s’arrête pas à cette caractéristique.
Tout comme la Toronado, elle existait déjà au catalogue Corgi-Toys, sous une forme standard. La réf. 252 était de fait une Rover 2000 et non 2000 TC, et c’est bien son moule qui servit à produire la voiture que nous regardons aujourd’hui.
Si l’adaptation d’une miniature au mécanisme de roues détachables représentait un travail important, on notera ici deux grandes évolutions. Tout d’abord, un immense toit de verre panoramique équipe cette nouvelle mouture de la Rover. Je trouve que c’est un indéniable plus. Mais la place prise pour le système « Take Off Wheels » condamne le très ingénieux système Trans O Light à disparaître. Adieux les appels de phares, bonjour les feux diamants. Dommage. Ceci s’accompagne d’un intérieur différent, plus profond et plus fin, du fait de l’absence du tunnel de lumière. On notera comme autre différences remarquables, l’apparition sur l’avant du capot, l’arrière de la malle et les ailes avant du sigle « TC 2000 », certes un peu gros, et l’adoption de pare-chocs rapportés et chromés et non plus moulés avec la carrosserie et peints.
Ne boudons pas notre plaisir. La miniature est très convaincante, les lignes justes. Sa jouabilité a fait son succès. La fragilité, relative, du réceptacle de la roue de secours a dû, par contre, provoquer bien des pleurs. C’est souvent une pièce cassée sur les autos qui ont joué. Le reste, dans la grande tradition des jouets contemporains en zamak est quasiment indestructible. Le Dr Edward Force évoque, pour expliquer la disparition précoce de cette série d’autos à roues détachables, les plaintes consécutives aux pertes trop fréquentes des roues. Si je ne partage pas cet avis, je me permets de le porter à votre connaissance, puisque c’est le sien.
Beaucoup plus répandue dans un superbe vert foncé métallisé, cette Rover 2000 TC n’est cependant guère moins attractive dans sa livrée blanche. Une des plus plébiscitée des petites autos à roues qui se détachent.
Mais bon, du babillage sans photos n’est pas très enthousiasmant.
Allez, des photos !



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J’ai gardé quelques choses sympathiques pour la fin. Aujourd’hui, la première voiture de la série avec une boite surmontée d’une illustration vantant cet ingénieux système que vous connaissez maintenant par cœur.

Cette Marcos présentée en mars 1968 pourrait passer pour banale, malgré son capot laissant voir un moteur détaillé, ses phares translucides, ses portières ouvrantes, et ses décorations latérales. Mais ce serait oublier, si vous faisiez encore la fine bouche, que c’est une première mondiale dans le domaine du modèle réduit automobile qui est le jouet d’enfant par excellence. Elle se singularise, à posteriori, des autres modèles par la fixation de sa base à une seule bouterolle. L’arrière est en effet accroché directement accroché à la carrosserie par une languette qui figure la plaque d’immatriculation. Pour moi, c’est encore une chose autre que ces caractéristiques et attraits indéniables qui lui confère son charme. Ce sont ses mensurations. Si l’ensemble de cette série ne respecte pas une échelle donnée, les tailles relatives des autos sont plus ou moins respectées au final. Cette Marcos est donc une toute petite chose presque attendrissante qui vient plus se loger dans la paume qu’elle n’est prise à pleine main. C’est pour moi tout son attrait, au sein de la série s’entend. Ses jantes spécifiques, comme toute celle de cette gamme ont été proposées conditionnées par 12 dans les packs qui vous sont désormais familiers. Ceci m’amène à vous parler des pneus qui étaient aussi disponibles dans les « traditionnelles » petites boîtes bleues. Ils étaient alors sans jantes assorties cette fois car utiles à d’autres modèles dépourvus de l’ingénieux système qui nous intéresse et surtout disponibles bien avant leur apparition.  Tout comme pour les étuis génériques utilisées en cas de rupture de stock ou avant la finalisation de l’étui standard, on constate, par exemple, que sur la boite référencée 1449 que je possède, les zones recevant les références n’ont pas été imprimées, et que c’est une étiquette autocollante (imprimée, elle) qui indique de quel type de pneus il s’agit. Ces pneus s’ils ne s’adaptent à aucune des voitures de cette série, portent sur leur flanc, eux aussi, la marque Corgi-Toys. Voilà de quoi aller un peu plus loin dans l’exploitation du dispositif. Si vous le deviniez sans le formaliser, les crevaisons pouvaient être simulées de A à Z, ou presque puisque tous les pneus de ces voitures peuvent être retirés de leurs jantes. Et remontés, bien sûr ! Pas mal, n’est-ce pas. Je ne prétends pas que les pneus seuls furent proposés spécifiquement pour ces modèles pour lesquels les packs correspondants étaient proposés. Simplement par le biais de ces accessoires, destinés aux modèles dont on ne pouvait détacher les roues, je veux montrer combien ce concept de roues amovibles était lumineux et bien pensé. Oui, je suis fan de ces modèles vous l’avez compris.

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Nous allons, presque, finir cette page avec le dernier modèle de la série. Pas le dernier produit, vous le verrez plus tard dans le dernier paragraphe.
C’est une miniature super sympa, parce qu’il y a des trucs, des machins et des bidules partout. Ce n’est pas une voiture de super héros mais elle n’a rien à leur envier. Bien sûr, ses roues sont détachables ! L’auto emporte deux roues de secours sur le toit, deux projecteurs (toit et capot) et des marchepieds arrières, utiles, je pense, en cas d’enlisement. Une malle à outils aussi. Qui s’ouvre, et laisse entrevoir diverses clés et autres ustensiles que mes grandes compétences de mécanicien ne me permettent pas de nommer.

Un super joujou avant tout donc. Et plus que ça. C’est un peu de bravoure que l’on pouvait acheter. Un petit morceau de gloire britannique. Car cette auto est la réplique exacte (enfin avec une notion d’exactitude adapté à un jouet de la fin des années 1960’s) d’une voiture unique et auréolée d’une victoire. Deux Hillman Hunter ont été préparées pour participer au premier Marathon Londres-Sydney. Evidemment les voitures n’avaient plus grand-chose à voir avec les modèles de série. On remarquera par exemple, à l’intérieur qu’il y a des sièges de type baquets et surtout des arceaux de renfort. Détail que l’on a pas besoin de remarquer tant il saute aux yeux : le pare-bufkangourou. Oui, après avoir traversé l’Europe et l’Asie mineure, les autos devaient se farcir Fremantle –> Sydney. Elles avaient intérêt à avoir un tel équipement car cet animal pullule en Australie à ce point qu’un spécimen a réussi à s’introduire dans la boite !

Bref, la Citroën DS, en tête jusqu’à quelques kilomètres de l’arrivée est accidentée par une Mini qui s’est introduite sur le parcours (un old-timer rencontré il y a tout juste un mois, m’a laissé entendre que cet accident tombait à point pour le groupe Rootes dont les produits n’étaient pas vraiment connus pour leur fiabilité…) Donc DS HS, et son pilote blessé, la victoire s’offrait à la Hillman Hunter. Pas si mal préparée tout de même puisque la seconde engagée termina aussi l’épreuve, ce qui était déjà un petit exploit.
Hillman ne manquera évidemment pas de médiatiser cette victoire notamment dans les publicités pour la Hunter de Monsieur tout le monde. J’ai même trouvé un artiste qui reproduisit cette voiture en situation. Et sa peinture fait le lien entre les photos et l’illustration de Corgi.

On peut même voir dans cet objet une autre facette encore. Celle de support publicitaire. Car Champion, Dunlop, Ferodo, Shell pour ne citer que celles-là sont des marques présentes sur les 18 décalcomanies (le sponsoring n’est pas une récente affaire) que l’on pouvait mettre sur l’auto, en plus des quatre autocollants déjà présents sur la voiture.

C’est dommage, les roues de secours présentes sur le toit ne s’enlèvent pas. Mais il y a déjà tellement à manipuler et à observer. Le projecteur arrière en strass, ainsi que celui, central, présent dans le pare-buffle. Les feux diamants (encore !) derrière cette grille, l’intérieur détaillé, la gravure du nom de la voiture sur l’arrière des ailes avant et sur les coffre et capot moteur, peint lui en noir mat. Parenthèse. Si parfois on peut observer des phénomènes de mode, celui-ci en vogue dans les années 1960 et 70’s a une origine utile. Les capots d’alors était plutôt horizontaux, et les pare-brise plutôt verticaux. Sur un capot clair à la peinture vernie voire métallisée le soleil pouvait se reflétait comme dans un miroir et éblouir le conducteur. Voilà pourquoi les voitures sportives possédaient souvent ce capot noir mat caractéristique de cette époque. Vous noterez au passage que les conducteurs de sages berlines, pouvaient, eux et leur famille, aller mourir dès que le soleil baissait. Parenthèse fermée. Ce petit trésor avait un écrin à la hauteur, et la présence, aujourd’hui encore assez fréquente, de ce dernier vient du fait qu’il possédait aussi toute une panoplie d’attraits propre à ne pas disparaître illico à la poubelle.
La boite est en effet superbe avec une illustration au summum de l’art corgitoyesque, le road book du rallye (enfin, révision de géographie du commonwealth), un intérieur de boîte avec paysage, un kangourou (bien nourri), la planche de décalcomanies en double (!), les notices explicatives (fonctionnement de la caisse à outils, plan de positionnement des décalcomanies pour « coller » (ah, ah, ah…) à l’originale, l’histoire de la voiture victorieuse..), bulletin d’adhésion au club Corgi-Toys, carnet d’entretien. Ah non ! C’est tout, et c’est beaucoup.

Je ne suis vraiment pas fan d’autos à n°. Mais je suis vraiment ravi de l’avoir dans mes vitrines cette voiture tricolore.  Tellement que j’en ai deux exemplaires. Rendez-vous très bientôt pour un petit récapitulatif de cette série de Corgi-Toys à roues détachables.


A ma connaissance, ces voitures à roues détachables sont aujourd’hui, dans cet ordre d’échelle, les seuls modèles produits, et ils sont au nombre de sept seulement. Le succès commercial fut au rendez-vous malgré le prix plus élevé que pour un modèle standard. Si je n’ai pas de chiffres de ventes pour les deux derniers modèles postérieurs à l’incendie qui ravagea les entrepôts Corgi-Toys en 1969, et qui explique l’absence d’archives passée cette date, on pourra voir, dans le tableau suivant, les chiffres de production auxquels s’ajoutent en réalité les ventes postérieures au sinistre.

Au-delà de la fonction enthousiasmante qu’on leur connaît, ces modèles ont les attraits communs aux miniatures de leur époque. Une finition soignée, une recherche certaine du réalisme, d’autres systèmes opérationnels et accessoires surprenants ou évidents, et aussi des boites, certes fragiles dans leur cellophane, mais ô combien colorées et aux illustrations superbes qui en feraient des objets collectionnables à part entière.



Un intérêt est aussi de trouver les variantes de couleur. Peu courantes sont les versions gris et bleu métallisés de la Rolls-Royce, blanche de la Rover et surtout dorée de la Toronado qui est difficile à trouver. J’ai même lu quelque-part l’existence d’une version bleu marine métalisé, sous toute réserve. Quant à la Corvette, les deux coloris sont aussi courants l’un que l’autre. Nous avons donc onze versions à collectionner, six packs de roues différentes agrémentées, pourquoi pas d’une ou deux boîtes de pneus de rechange. Et si cela ne suffit pas, vous pouvez toujours rechercher les catalogues ou publicités associées. Les modèles les plus courants se négocient a l’état neuf et en boîte en excellent état aux environs de 50€ pour les trois premiers modèles de la série (une Toronado strictement neuve, sans boîte, s’est échangée, il y a peu, pour 35€). Un peu plus pour la Camaro dont on veillera à l’intégrité de la capote. Les Rolls-Royce et Corvette atteignent quant à elles facilement 80€, prix auquel on trouvera une Hillman mais avec quelques petits défauts, ou incomplète dans ses accessoires et notices. Un exemplaire strictement neuf et complet ayant trouvé preneur, il y a peu à 230€.

Les couleurs rares ? Une Silver Shadow s’est vendue, il y a peu aux alentours de 200€, et une Rover plus de 300€. Quant à la Toronado dorée, j’en ai vu une changer de main pour 30€, mais avec un bout de pare-chocs cassé et une peinture écaillée.

J’espère, à travers les présentations de ces rares modèles, ce qui ne signifie pas qu’ils soient difficiles à trouver, vous avoir intéressé, peut-être fait découvrir certaines caractéristiques, et mieux encore vous avoir envie d’en dénicher une ou plusieurs, si vous n’en aviez déjà.

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