Corgi-Toys & Dinky-Toys réduisent la Jaguar Type E

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Loins de mon thème de collection d’origine, voici deux véhicules identiques, proposés comme dans l’exemple précédent, par les deux leaders du marché de la miniature de l’époque. Là encore il s’agit de deux Jaguar. Et là aussi bien des similitudes quant au traitement des modèles réduits.

Tout d’abord leur date de présentation aux jeunes collectionneurs et joueurs.

Un an après la présentation et la commercialisation de l’automobile. Soit en mars 1962 pour les deux modèles.

Là encore, me direz-vous, c’est l’actualité automobile qui préside aux destinées des fabricants. Soit. Mais curieusement c’est encore une fois assez loin du moment du lancement de la voiture par Jaguar.


Pour une marque comme pour l’autre apparait le hard-top amovible. Les Type E n’en ont-elles pas ? Mais là je dis stop.
Des cabriolets, Chez Dinky et Corgi il y en a eu ! Ils avaient bien des capotes qui auraient pu être figurées fermées et amovibles, n’est-ce pas ? Et puis Tekno qui a sorti une belle interprétation de la Jaguar, n’a pas fait de hard top amovible ! Pourtant c’est un modèle en zamak et certainement le jouet contemporain qui s’en rapproche le plus. Le fabricant danois a opté pour un capot et des portières ouvrantes. Mais point de hard-top.
Nous avons bien là un « marquage à la culotte » de l’un par l’autre (à moins que ce ne soit de l’autre par l’un…).

C’est tout ? Non. D’après moi. Car si ce détail peut paraître insignifiant, on reste, pour le coloris le plus courant, dans la même dominante de teinte, comme pour la Mk X. Curieux non ?

Il y aussi le traditionnel plancher connu sur les miniatures des deux rivaux. Généralement faite d’une feuille d’acier peinte en noir, elle est ici remplacée par une coque en zamak, pour les deux modèles comme on le verra plus loin. On pourra arguer que ce sont les lignes de l’auto qui ont dicté cette solution. Pourquoi le bas des flancs convexes n’aurait-il pas pu être moulé avec le reste de la carrosserie ?

Cette fois, cela s’arrête là. Pas autant de similitudes qu’avec la berline Jaguar présentée dans une page voisine. La Dinky s’enorgueillit d’une direction. Peut-être vais-je me répéter mais Dinky a excellé dans le rapport agrément/simplicité (donc coût de revient). Tous ses modèles (ou pratiquement) en sont donc équipés !
Corgi a fait l’impasse une fois de plus. Certes la direction proposée par ce fabricant est bien supérieure en efficacité et en agrément ! Mais à quel prix ! Oui, lequel ? Eh bien un prix si élevé qu’on l’a rarement rencontrée sur les miniatures de la marque. Dommage…

Revenons au hard top. Son ajustement, pour l’une comme l’autre est tout à fait satisfaisant si on n’oublie pas que ces voitures sont avant tout des jouets. Il doit pourtant être replacé avec précaution car il est fragile. Là où Corgi marque un point c’est sur le couvre capote. Il fait partie du moule et apparaît naturellement dès que le hard-top est retiré. Sur la Dinky, c’est une pièce à part qu’il faut placer une fois le hard-top enlevé et qu’il faut prendre soin de ne pas perdre ! Sa raréfaction évidente au fil du temps, fait monter le prix de l’ensemble quand il est complet. Trouver la Dinky avec son hard-top, n’est pas toujours simple. Mais avec le couvre capote !

Maintenant, même si je ne connais pas grand-chose aux Jaguar Type E, je peux quand même me permettre les constatations suivantes :
L’échelle avancée par « Le grand livre des Corgi » est de 1/48. Si l’on se réfère à de rapides mesures, qui suivant l’empattement, qui suivant la longueur hors tout (même si cette dernière est plus aléatoire en fonction des bananes de pare-choc par exemple), on arrive plus près du 1/50 voire 1/51 pour la Corgi.
L’excellent DVD de Jacques Dujardin sur la production Dinky-Toys donne la Type E comme étant réduite au quarante-cinquième, mais les mesures, impitoyables, annoncent une échelle proche du 1/52 voire 1/53. De toute façon elle est plus petite que la Corgi !
On retrouve la propension des amateurs de Dinky, à continuer à vouloir nous faire croire que les Dinky sont au 1/43 à travers divers ouvrages. Pas de problèmes finalement qu’elles soient au 1/45 ou au 1/50 ou plus petites encore. Mais les Dinkyphiles débutants, et j’ai pu encore lire deux témoignages hier sur un forum, sont déçus par les échelles. Et ne comprennent plus alors ce qu’on peut trouver à ces autos. Pas détaillées, pas toujours fidèles et en plus pas à la bonne taille. J’arrête là, mais arrêtons de dire que les Dinky sont au 1/43. Elles sont des Dinky, et c’est nettement suffisant.

Revenons aux interprétations de cette classique automobile. Dinky propose des passages de roues bien trop petits, alourdissant ainsi les ailes, et par là même, la ligne. Dommage. Mais pourquoi donc ? A cause des roues pardi ! Elles sont bien trop petites. Mais il y a pire encore. Oui. Les sixties n’ont pas ou peu donné d’autos à voies hyper larges. La norme était aux roues de taille plutôt modestes, et n’osant certes pas aventurer leurs gommes à l’extérieur (d’ailleurs le code de la route l’interdit toujours). Mais de là à nous proposer des voies aussi ridiculement petites ! C’est bien la direction qui implique ce fait. On constate donc que la fidélité de reproduction a été en partie délaissée au détriment du jouet.

Bref, une réplique pas très réussie !
La Corgi à l’inverse offre des roues un poil grandes, qui lui donnent un air plus haut perché que la vraie. Pourtant les deux minis ont la même hauteur, confortant donc l’observation des proportions étudiées.
La Corgi paraît plus féline. Je sais, c’est facile à dire.

D’une manière générale la gravure est bien plus fine sur la Corgi, exception faite des ouïes d’aération du capot moteur en relief sur celle-ci. Elles sont plus conformes à la réalité, bien que plus grossières sur la Dinky. Mais alors, le reste…
Les portes sont à ce point mal gravées que l’on pourrait croire que le fabricant avait prévu de les offrir ouvrantes !

L’intérieur de la Dinky est assez dépouillé. De fait, il offre un tableau de bord… transparent (!) puisque moulé d’une seule pièce avec le pare-brise. Un volant. Et c’est tout. Les sièges, moulés avec la carrosserie, sont peints.
La Corgi, plus coquette, propose une pièce plastique figurant à la fois, les sièges, des semblants de contre porte, un tableau de bord et le volant qui est donc de la même couleur que le reste. Il est dommage que Corgi n’ait pas pensé à imiter Dinky sur ce dernier point. L’intérieur est traversé par une pièce en zamak qui figure le tunnel de transmission, offre le levier de vitesse et la console centrale ! Bref ici on a un intérieur « à vivre », quand la Dinky laisse voir le rivet de fixation de la lame de suspension.

Je finirai par une dernière différence assez marquante. Il s’agit du regard de l’auto. Ses feux veux-je dire.
Peints en argent sur la Dinky, ils sont en plastique transparent sur la Corgi, où ils sont même montés à l’intérieur de la carrosserie, enchâssés sur un ergot en zamak. Très, très réaliste. Du beau travail !

Si cela faisait bien parti du jeu, de pointer ces différences et ressemblances, on notera que cette année 1962 a vu ces deux rivaux, ténors du marché de la miniature, proposer en même temps, des modèles identiques. Sans même avoir comme prétexte de coller à l’actualité automobile, comme on l’a vu. Et que dire des échelles quasi identiques dans les deux cas, et pourtant loin d’un prétendu standard ? On s’en convaincra avec la Type E de Norev (plastique) ou de Tekno (Zamac) à côté de laquelle la Dinky-Toys semble chétive.

Bref, il y a dû, à mon avis, y avoir à l’époque quelque employé du bureau d’étude de l’un ou l’autre fabricant, qui a dû détourner quelques informations.

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