Le Carrimore : un classique Corgi-Toys

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Mercredi 20 octobre 2010

Si la marque Dinky-Toys a eu globalement un rayonnement plus important que Corgi-Toys, peut-être à cause de son histoire plus ancienne, il n’en reste pas moins que quelques produits emblématiques ont été du fait du dernier venu sur le marché du modèle réduit.

On pourra se remémorer par exemple l’Aston Martin de James Bond dans Goldfinger. Ou la célèbre Chitty Bang-Bang, ou même la série du manège enchanté.

Mais parmi les véhicules les plus classiques, on peut aussi trouver des chefs d’œuvre tels le Transporteur de voitures de course « Ecurie Ecosse ». Même si l’on a connu le Superbe TBO de Norev, le Fiat de Mercury et bien sûr les nombreux Dinky Super-Toys des années 50 dont le fameux Boilot, il n’en demeure pas moins, que Corgi fit l’un des plus beaux transporteurs qui fut à cette époque je crois.

La genèse du Carrimore fut rapide puisqu’il fut proposé à peine plus d’un an après la fondation de la marque. Des présentoirs spéciaux, furent proposés aux détaillants pour exposer ce produit phare.

Phare il le fut à plus d’un titre.

Annoncé dans les dépliants, faisant alors office de catalogue et livrés dans les boîtes des autos et petits utilitaires, dès le début de l’année 1957, il est le premier Corgi MAJOR Toy.

Il sera aussi le cœur du premier GIFT SET de la marque inaugurant ainsi une lignée d’une cinquantaine de coffrets qui contribuèrent à l’aura de Corgi-Toys.

Au delà de ces faits qui, s’ils intéressent les collectionneurs aujourd’hui, n’ont eu aucun attrait pour les enfants de l’époque, cet ensemble a eu de réelles qualités.

Tout d’abord son mécanisme, innovant, avant-gardiste, et à ce jour inédit. Et d’ailleurs Corgi communiquait, via les détaillants, sur l’équipement ‘hydraulique’ de sa remorque. Plutôt que de vous en parler, place aux images.

Puis ensuite sa palette de coloris, qui tout en restant dans le domaine du réellement plausible, est chatoyante, surtout dans sa peu courante version jaune.

De ce porte-auto on distinguera le tracteur, qui évolua très nettement à l’arrivée de la référence 1105 en 1962, remplaçant cette première version référencée 1101, de la remorque qui évoluera dans des détails que les petits joueurs ne remarquèrent peut-être alors même pas.

Visuellement, à part les jantes (et encore ! , les dernières versions du 1101 seront équipées de jantes tournées), pratiquement rien ne distingue une remorque dans sa livrée bleue et blanche de 1957 de celle de 1966, soit presque dix plus tard.

La différence la plus évidente sera le traitement argenté, ou plutôt son absence, sur de peu courantes versions bleu et blanche, parmi les premières produites.

Ensuite les différences, si elles sont évidentes une fois pointées, n’intéresseront que les collectionneurs les plus mordus.

Le tracteur fut lui aussi l’objet de variations de couleur de carrosserie et de châssis. Mais il est encore plus difficile de bien cerner cette partie dans la mesure où les tracteurs Bedford ont aussi été livrés avec les références 1100 & 1104, proposant ainsi des cabines rouges ou jaunes, et bleues si l’on revient au transporteur d’autos.

Les cabines étant interchangeables on aura pu, par exemple, tracter la remorque porte-voitures jaune avec le Bedford jaune du « Low loader ».

Revenons donc à la remorque porte-autos.

Deux couleurs connues, et peinture argentée ou non pour les pistes de la combinaison bleu et blanc.

Un changement de jantes, de plates à tournées, a coïncidé avec celui opéré sur l’ensemble de la gamme Corgi-Toys. Certainement au début de l’année 1962. Ceci fait des remorques (et tracteur !) de la réf 1101 à jantes tournées des spécimens rares.

Avec la réf 1105 (novembre 1962), les axes des articulations, apparents sur la réf 1101, sont invisibles. On remarquera aussi, en retournant les 530g de la remorque que l’axe de roue est maintenant dans un caisson riveté.

Peut-être le fabricant avait-il trouvé cet axe trop exposé ? Il est une autre modification que le fabricant apporta aussi à la remorque, moins perceptible, et d’ordre technique. On observe que les canaux d’injection sont bien plus gros à partir de la nouvelle version.

Ceci a-t-il un lien avec les affres rencontrées par le fabricant avec cet article ? Il semblerait que non.

De fait la lourdeur de cette remorque a très vite posé deux problèmes concernant l’expédition aux détaillants. Le coût d’une part, la perforation des emballages d’autre part. On ne parlera même pas du cas douloureux de l’enfant se laissant tomber la remorque sur les pieds…

Plusieurs solutions ont été envisagées à l’époque.

L’affinement des montants était possible, mais aurait généré des défauts dans la qualité du moulage. Cette solution fut écartée comme le prouve la nouvelle version qui accuse 10g de plus sur la balance.

Ensuite le passage du zamak, alliage résistant et bon marché mais lourd, à l’aluminium fut abordé. Evidemment le coût fut un critère dissuasif, d’autant plus, qu’outre la réalisation du nouvel outillage nécessaire, la cadence de production avec un tel alliage aurait freiné les ventes qui étaient toujours bonnes.

Dernière différence notable (si j’en ai oublié, laissez un message pour le signaler, je ne suis pas expert en miniatures, juste enthousiaste !) : l’ergot de fixation.

Son extrémité est presque ronde et plus volumineuse sur la première version que sur la seconde. L’incidence se trouve dans le trou de fixation des tracteurs. On observe, sur le châssis du premier modèle, un renflement prononcé pour accueillir ce surcroît de matière. Sur le Bedford le plus récent, le besoin de profondeur étant moindre, la cavité nécessaire à accrocher la remorque est masquée par le moulage des parties mécaniques.

Si les différences entre les deux tracteurs sont évidemment énormes vu qu’il ne s’agit pas du même modèle, on remarquera que le système de fixation de l’ergot dans son logement est différent.

Sur le plus ancien des camions, il est à tiges en acier montées comme des lames de ressort qui viennent enserrer la gorge de l’ergot. Sur son successeur, c’est une rondelle en acier souple, qui remplit ce rôle.

On notera aussi un chassis clair pour le tracteur le plus vieux, et dont nous devons le cliché à Biger, un sympathique collectionneur.

Si donc, une vue rapide des remorques, surtout dans un coloris identique, pourrait laisser supposer qu’il n’y a pas eu de changement pendant près de douze longues années, il n’en est rien. D’abord dix années à proposer le même produit, auraient été comme offrir aujourd’hui le même ordinateur personnel à sa clientèle depuis dix ans.

Ensuite, les designers étaient avant tout des passionnés et cherchaient sans cesse, des améliorations compatibles avec les contraintes commerciales imposées.

De fait, ce porte-auto est un produit qui a beaucoup évolué sans changer. Et, c’est facile je vous l’accorde, ce qui n’a pas changé c’est le plaisir qu’ont eu des milliers (pas loin 900.000 exemplaires produits avec les gift-sets) d’enfants à jouer avec à l’époque, et que l’on peut encore prendre aujourd’hui. Moi, par exemple, mais aussi ma fille avec qui il m’arrive encore de jouer aux voitures. Chacun de nous sortant les siennes, elle peut manipuler, des Corgi à roues détachables pour jouer à « réparer les roues », des Dinky pour appréhender l’utilité d’une suspension, ou des Solido à mécanisme. Et moi je peux avoir des accidents sans remords avec ses Hotwheels ou vieilles Majorette.

Il est difficile d’expliquer une telle longévité, pas exceptionnelle quand on sait que chez Dinky le Bedford Pullmore a occupé la scène autant de temps. On notera toutefois que l’arrivé en novembre 1962 du nouveau tracteur Bedford a apporté du sang neuf. Car il amena alors, intérieur aménagé, suspensions, et rétroviseurs extérieurs, rien que ça ! Ca ne semble pas beaucoup mais l’aspect était aussi important alors qu’un changement de décennie. On passait du jouet simple au jouet assez sophistiqué.

On pourra peut-être expliquer aussi qu’il fut épaulé par des Gift Set, ou coffrets cadeaux.

Ces assortiments ont varié au fil des ans, mais ont été proposés depuis noël 1957 jusqu’en 1968 pour le dernier. Numéroté GS1 puis GS1a et GS1b avec le premier tracteur, il fut numéroté GS28 avec le second.

Deux voitures de sport et deux berlines accompagnaient, d’après le premier catalogue de la marque (1958) d’un part, et le « Great Book of the Corgi » dont je ne peux que vous conseiller la lecture d’autre part, la toute première mouture de ce classique coffret.

En bas à doite est annoncé l'assortiment

Il y eu ensuite un assortiment de voitures américaines, puis un réassort avec des voitures européennes, anglaises et américaines. L’unique coffret avec le camion le plus récent proposait un chargement européen avec une seule représentante anglaise.

Il est évident, et l’on en trouve parfois en vente, que des collectionneurs esthètes ont préféré leur adjoindre, pour ceux de la première série (tracteur première génération), les voitures correspondant à l’illustration. C’est d’ailleurs ainsi qu’il apparaît dans une note destinée aux détaillants.

Ardu, donc, de recenser toutes les déclinaisons de ces grosses boîtes. Et le collectionneur pourra consulter l’excellent ouvrage cité plus haut, et d’autres pour tenter d’y voir clair.

Page du catalogue 1961

En 1968, donc, cette remorque avait tiré sa révérence, alors que celle qui équipait l’attelage référencé 1138 avec Cabine Ford Tilt, avait déjà deux ans d’existence. Mais ça c’est une autre histoire qui ne se terminera qu’en 1970 avec la remorque à trois niveaux apparue un an plus tôt et toujours dans les mêmes coloris depuis 1957.

Jeudi 24 juin 2010

Voici le premier article que j’avais écrit sur ce transporteur et vous y trouverez donc des informations déjà lues plus haut. Mais je ne pouvais pas me contenter de cela et c’est pourquoi j’en avais fait une seconde mouture. Je vous invite à le parcourir tout de même car les illustrations sont spécifiques, et puis, surtout, après vous trouverez les Carrimore suivants !

Voici le premier porte-auto du concurrent direct de Dinky-Toys. Le Corgi-Toys Carrimore. Plusieurs générations ont existé. Et si la le tracteur a changé en 1962, la remorque quant à elle a vu sa carrière aller de 1957 à 1966 soit près de 10 ans, ce qui à cette époque est assez exceptionnel.

Mais il faut bien dire que cette remorque était totalement aboutie, au moment ou Dinky ne proposait encore que son immense rampe à postionner manuellement sur la remorque non articulée, elle même riveté et donc indisociable de son tracteur (voir article du 17 juin 2010). Un inconvénient cependant, son poids. Elle est plus lourde de 50% que le camion Dinky contemporain tracteur compris !

A tel point que Corgi a envisagé d’en afiner certaines parties pour gagner en frais d’expédition et de détérioration des boîtes ! Le moulage risquait d’ne souffrir et on envisagea donc de mouler l’étage supérieur en aluminum. Trop cher, et incompatible avec les cadences de productions. On fit donc avec ces inconvénients plus celui majeur en cas de chute sur les pieds d’un bambin…

Ici en version 2, reconnaissable aux jantes tournées et non plates

Comme on le voit le système est ingénieux et unique dans le monde de la miniature.

Deux mois, après sa sortie, il est disponible en coffret cadeau pour noël 1957. C’est le tout premier coffret cadeau de l’histoire de Corgi-Toys.

Image Vectis Auction

Devant ce succès, Corgi-Toys renouvellera ce package par deux fois, mais avec des autos différentes, puis avec les versions de transporteurs suivants.

Voici une variante du coffret, mais non référencée dans la bible consacrée à cette marque. De fait, on a ici un assortiment correspondant au mieux à l’illustration du couvercle du coffret

Voici un « Carrimore » II ème du nom, dans un état de conservation remarquable.

Même si la manipulation du mécanisme paraît évident, une notice est jointe dans la boîte. Elle est en plusieurs langues, car les Corgi-Toys s’exportaient très bien.

Enfin, comme on l’a déjà vu dans l’introduction de ce thème, ce même camion se rendant dans une concession… Rov, euh Aust, enfin une marque anglaise il me semble.

Mercredi 31 août 2011

Complément d’enquête.

Un article sur ce Bedford Carrimore, et sa remorque porte-voitures ne sera jamais exhaustif. Il ne peut être qu’un aperçu plus ou moins détaillé.
Je découvre, pas tous les jours, mais de temps à autre de nouveaux détails sur le sujet.

De même que vous aurez pu le voir dans d’autres articles, on a constaté les économies faites tant dans les jouets que dans les emballages. Et bien on le remarque ici aussi. Le carton employé pour les cales intérieures est plus léger, tout en semblant plus robuste, certes. Mais surtout les boites fictives des premiers sets GS1, ont perdu leur côtés dans les sets GS28. Rien de bien méchant. Juste un signe des temps. Autre signe des temps : les avertissements. Pas encore présents sur les boites, les prémices de notre déresponsabilisation sont déjà là pourtant.
Le fabricant qui a muni d’un mode d’emploi ses transporteurs, en rajoute une couche avec une étiquette que j’ai trouvée, visiblement là depuis le conditionnement du jouet en usine, à l’intérieur d’un coffret. (Il est d’ailleurs amusant de constater que le jouet a servi, mais que l’étiquette demeure). On ne nous prend alors pas encore pour des imbéciles, juste pour des étourdis.

Voyons aussi le côté anecdotique. On remarquera deux choses intéressantes dans les illustrations : Tout d’abord, c’est la classe incontestable des chauffeurs de poids-lourds chez Corgi-Toys. Regardez bien. Il porte une cravate. Moins amusante est l’illustration de la Mercedes. Elle est représentée en berline quatre portes, alors que la 220SE, qu’elle fut référencée 230 ou 253 (avec ou sans direction), n’a jamais été proposée qu’en coupé. C’est d’ailleurs le dessin de la berline que l’on retrouve sur l’étui individuel, dont la seule face peut-ête prétexte à un « jeu des anomalies ».


Mercredi 7 décembre 2011

Passons à la version suivante du Carrimore. Ou devrions-nous dire la Carrimore ? Je m’aperçois que je n’ai pas été précis dans ma dénomination et profite donc de ce nouvel épisode pour expliciter l’appellation Carrimore. L’anglais n’étant pas forcément votre tasse de thé, il est peut-être utile de préciser que ce nom est un jeu de mot très en vogue au XXème siècle quant il s’agissait de nommer des produits. Vous connaissez les gâteaux de riz Yabon, les boules Quies (Hein ? Qui est-ce ?), le Kubor (ah tiens, oui, ça existe encore)… Bref. Carrimore = Carry more = porter plus ! Autant dire qu’un produit se terminant par « more » était forcément supérieur aux autres puisqu’il en faisait plus. Avec la référence 1138 c’est la troisième version du Carrimore qui apparaît en avril 1966. Le tracteur n’est plus un Bedford mais un Ford. Donc, logiquement, Carrimore concerne la remorque, n’est-ce pas ? Pourtant, rien n’est moins sûr, puisque les remorques sont également ainsi appelées mais lorsqu’il s’agit de plateaux bas… Pour tous les transporteurs d’autos Corgi-Toys dénomés Carrimore, le seul point commun est qu’il s’agit d’une remorque porte-voitures.
Voilà pourquoi, pour moi, Carrimore est féminin. Ou alors on peut penser que c’est le couple tracteur/remorque qui s’appelle ainsi. Ca vous donne mal au crâne ? A moi aussi ! Et je n’ai, en vérité, toujours pas tranché la question. STOP.

Voyons donc la nouvelle version de ce transporteur de voitures. Elle va coexister avec l’ancienne qui sera commercialisée encore deux années dans le coffret cadeau, ou Gift Set, GS28. Les boites illustrées sont toujours aussi belles dans cet age d’or du modèle réduit. Et en plus, comme pour certaines productions Corgi-Toys, et même Dinky-Toys, on a droit à un superbe socle « diorama » richement illustré et qui participe grandement à la magie du jouet.

L’arrivé de la réf. 1105 avait amenée un intérieur aménagé et des rétroviseurs, ainsi qu’une suspension. Cette nouvelle mouture reprend tout cela, mais apporte d’autres choses.
Les rétroviseurs sont maintenant réglables. La cabine basucle pour laisser voir le moteur, et l’hélice du ventilateur tourne ! Des accessoires tels que trompes, échelle latérale, échappement vertical sont présents. Si l’articulation de la remorque est à la fois nouveau, et plus conventionnel, le système d’attache est, lui, bien plus élaboré. Il suffit en effet de tirer la remorque vers l’arrière pour que la béquille s’érige. A l’inverse, elle se rétracte dès que l’on raccroche la remorque au tracteur. Un automatisme très ludique à utiliser, quoique assez ferme. Faire tourner le ventilateur est juste anecdotique, mais ça fonctionne. A condition d’avoir des doigts assez fins tout de même.  Quant aux rétroviseurs, ils s’orientent comme les vrais, et c’est là une grande prouesse je trouve pour un jouet qui a plus de 45 ans. Avant, comme chez les concurrents d’ailleurs, les pistes comportaient des cales, moulées. Evidemment cela contraignait à placer telle voiture, de tel gabarit à une place donnée et pas une autre. Le problème est maintenant résolu avec les cales ajustables. En plastique, elles coulissent sur les rails des deux ponts. On déplorera que le pont supérieur ne comporte pas, malgré sa plus grande longueur, une seconde paire de cales car elle peut aisément accueillir trois voitures. Mieux encore le Gift Set 41 proposera 3 mois plus tard ce même camion chargé de 6 véhicules, mais toujours deux jeux de cales ! Pas une révolution dans le petit monde des portes-voitures. Juste une somme de petites innovations. Un jouet bien conçu sans réel point faible. Si l’on compte toutes les actions possibles, y compris l’épreuve de la suspension qui équipe aussi la remorque, on en dénombre huit. Vous noterez, que les couleurs ne choqueront pas les enfants qui avaient pu connaître l’ancienne mouture, voire même la précédente. Celle-ci fut distribuée jusqu’en 1962, et en fonction du rythme des ventes de certains détaillants, il n’est pas déraisonnable de penser que la première version du Carrimore ait pu côtoyer, en vitrine cette nouvelle référence. Dès 1968 les coffrets cadeaux GS41, vendus uniquement par correspondance et GS48 sont retirés, et le camion seul vivra à peine un an de plus. Moins de 350.000 exemplaires seront produits.


Samedi 21 janvier 2012

Et un de plus. Cette fois, c’est officiellement le 5 ème du nom. Et ça tombe bien ! C’est ce qui est écrit sur la boîte de la réf. 1146.
Mais ? me direz-vous. Je n’en ai présenté que trois. Et nous serions au cinquième déjà ?

Vous n’avez pas tort. Et nous allons récapituler.

– Le premier Carrimore, dénomination dont nous nous limiterons à désigner les porte-voitures donc, fut la réf. 1101.
– Puis vint la réf. 1105 avec remorque revisitée et tracteur différent.
– Ensuite, une nouvelle référence, la 1138 désignant une nouvelle remorque avec un nouveau tracteur.
– La version dite Mk IV que je ne vous ai pas présentée, introduit quant à elle un nouveau tracteur accouplé à la remorque précédente dans un autre coloris, sous la référence 1148 (donc remorque Mk III,  vous suivez ?).

– Puis vint ce modèle, cinquième du nom sous la réf. 1146. Le tracteur est le même que celui du modèle précédent, là aussi re colorisé, mais avec une remorque unique en son genre. La Carrimore MK V à trois niveaux.

Trois niveaux ! Pour du plus, c’est du plus ! Et ça fonctionne ! Vous voulez sans doute le vérifier. Mais je vais vous faire patienter en découvrant ce jouet qui fut offert à « Paul » pour noël 1970. Proposé par Corgi-Toys deux mois auparavant, ce petit anglais dont je ne connais que le prénom, a dû être sacrément heureux de recevoir un tel cadeau.

Si la boîte a quelque peu vielli, on peut quand même deviner le plaisir qu’a eu Paul à découvrir ce camion. Certes, à moins qu’il n’ait vu à l’ouverture du paquet, le dos de la boîte, la surprise fut de courte durée, tant le cellophane, toujours intact, de l’emballage ne cachait rien des attraits de l’attelage. Et même si le paquet n’avait d’abord montré que le dos de la boîte, l’illustration de celui-ci ajoutait certainement un peu de sel à la découverte. Les packages se transformaient, annonçant l’arrivée du plastique transparent en lieu et place du carton, mais proposaient encore ce qui aujourd’hui participe grandement au charme des jouets anciens : leurs dessins. Riches en couleurs, et souvent en fidélité.

Voilà, ça y est, Paul l’a déballé ce beau camion. Et il va maintenant, comme je le ferai, moi, avec mon cœur qui est plus celui d’un enfant que d’un collectionneur au fond, essayer d’y mettre ses petites voitures. Et il suppose qu’il va pouvoir en loger de la Corgi-Toys, Dinky-Toys et consoeurs. Echaudé lorsque j’avais découvert, adulte, mon premier transporteur d’autos Dinky-Toys, j’ai tout de suite pensé qu’il y serait difficile de loger mes Corgi-Toys à moi. Mais avant d’essayer, j’ai bien sûr eu envie de toucher, manipuler, tripatouiller, manier ce beau jouet coloré.

Le truc à faire tout de suite si vous comptez en recevoir un un jour est de mémoriser comment on fixe la rampe arrière qui est une pièce indépendante du reste de la remorque. Elle s’emboîte partie inclinée vers le bas et l’intérieur. Avec le pouce et l’index, vous rapprochez les ponts supérieurs. Tirez la partie basse vers l’arrière. Voilà c’est fait. Et donc la manipulation devra être faite dans l’ordre inverse exactement pour re fixer la rampe. Tout le reste est bien plus évident. Il suffit d’observer les montants arrières pour voir comment abaisser et relever les ponts. Et tout comme pour un « simple » double pont, les manipuler dans l’ordre. Enfin au bout de deux ou trois toits de voitures abîmés vous l’aurez compris.

Bref, une fois familiarisé avec le fonctionnement de la remorque, vous aurez à cœur de la remplir d’abord, puis même de composer un attelage harmonieux. Et vous vous rendrez compte qu’elle est logeable la bête ! Trois breaks, deux énormes coupés, et deux coupés sportifs y logent sans courir aucun risque pour leur robe ô combien précieuse. On s’aperçoit que l’on peut y loger toute sorte de véhicules qu’on imaginait pas sur les ponts inférieurs.

Vous le savez déjà. Depuis les années 1950’s les transporteurs ont des cabines détachables. C’est bien évidemment le cas du tracter Scammel Handymann. La béquille de la remorque ne s’érige plus automatiquement, ni même ne se rétracte lors des manœuvres. Et pourtant il y en a bien une, mais qui s’actionne manuellement.

Si vous observez la petite animation de la béquille, vous observez, en arrière de la roue une sorte de bouton noir. C’est le mécanisme d’attelage. Il permet de dételer la remorque. La raccrocher se fait simplement en unissant celle-ci au tracteur. Un clic se fait alors entendre et la remorque est accouplée au tracteur. Je me dis que pour des petits doigts d’enfant, ce peut être difficile. Car je me rappelle comment le bouton d’action de la sonnette du bus AEC Dinky-Toys m’a fait souffrir, petit. J’aimais l’entendre cette sonnette, mais ce bout de métal meurtrissait la chair de mon pouce.


Comme vous le voyez la manipulation est assez simple, et la rampe détachable remplit son rôle pour le chargement de chacun des ponts. Les couleurs, comme le plus souvent chez Corgi-Toys sont lumineuses tout en étant crédibles s’il eût fallu les transposer à la réalité. Pas impossible, en tout cas, surtout de l’autre côté de la manche où les nuanciers automobiles sont et ont toujours été plus vivants que chez nous. Parfois des objets sont qualifiés d’incontournables sans qu’on en sache les véritables raisons, et ce qualificatif n’engage le plus souvent que son auteur et traduit simplement ses inclinations personnelles. Dans le cas de ce Carrimore, il est indéniable que son triple pont en fait un modèle sans équivalent dans la production des porte-voitures réduits à quelque échelle que ce soit. Je n’ai pas de chiffres de production à avancer, mais disponible pendant plus de deux ans, c’est une pièce facile à dénicher. Seul son état et la présence d’une belle boîte peut influer négativement sur son prix. En excellent état, (c’est à dire avec quelques éclats ça et là dus au jeu et au stockage) et sans boite, il peut se trouver aux alentours de 40€. Ca reste une somme importante pour un jouet, mais je vous garantis que le plaisir vous fera oublier rapidement la somme que vous aurez déboursée. Happy collection !

Commercialisé d’octobre 1970 à 1973, ce beau transporteur a survécu à travers un coffret cadeau, comme c’est étonnant ! C’est un assortiment de 6 voitures car une seule vient occuper le premier des trois niveaux. Le hic pour moi, comme de nombreux collectionneurs c’est qu’il vient accompagné de voitures à roues boutons. Enfin des roues monobloc si l’on veut être moins dédaigneux. En tout cas d’horribles Whizzwheels. J’aurais presque aimé, du coup, pour plus de cohérence que le camion et sa remorque fussent aussi équipés de roues rapides.Publicité Corgi-Toys Comme à l’accoutumée, on peut trouver aujourd’hui différents assortiments de voitures, tournant cependant tous plus ou moins autour des mêmes références. Alors on essaie à défaut de mémoire ou simplement de passé approprié de s’en tenir à certains documents. Ici, une publicité française présentant, entre autres, la boîte cadeau réf 20.

Gift set 20 Corgi-Toys

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