Jaguar Mk X : comparatif Corgi/Dinky

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Espionnage ?

On est en droit de se poser la question.

A l’age d’or des « petites voitures », il était courant, logique, et même vital pour un fabricant de coller à l’actualité automobile.

Jaguar proposa sa superbe et novatrice Mk X en octobre 1961 et il n’est donc pas surprenant de les voir apparaître, à deux mois d’intervalle, au catalogue des deux géants du secteur : Dinky-Toys et Corgi-Toys.

Mais si l’on se penche un peu plus sur la question, apparaissent des coïncidences étonnantes…

Tout d’abord, les enfants d’alors, nous, donc, étions souvent intéressés par les modèles haut de gamme, ou sportifs. Et la Jaguar Mk X fut (en tout cas chez Corgi-Toys) un produit très diffusé. (1.121.000 exemplaires diffusés par Corgi)

Pourquoi donc a-t-il fallu attendre un an avant de pouvoir acheter cette belle auto, alors que le plus souvent, et depuis des années déjà, des miniatures étaient proposées au public le jour même de la disponibilité de la vraie voiture ?

Ensuite, nous avons, outre la sortie de ces deux jouets à deux mois d’intervalle, le fait qu’ils proposent une première, officielle comme en attestent les publicités de ces deux fabricants. Chacune des deux autos est livrée avec des bagages, au nombre de deux, un petit et un grand. Ceux-ci, sont prévus pour aller dans le coffre ouvrant (première officielle pour Dinky, fonctionnalité déjà connue depuis la Bentley Continental chez Corgi)

Outre ces coïncidences remarquables, on notera, enfin, l’échelle identique des deux jouets : 1/49 ! Quand ont sait que le 1/43 strict et régulier n’est venu que bien plus tard chez ces fabricants, cette similitude accrédite que des relations illicites existaient bien entre les bureaux d’études des deux majors.

Je pourrais même ajouter que le bleu clair métallisé qui a toujours habillé la Dinky (seules deux nuances, subtiles, sont connues), a connu son presque exact pendant, parmi les nombreuses couleurs vues chez Corgi, qui, en outre, a offert dans plus de 90% des cas un intérieur du même rouge que celui de sa sœur ennemie…

Intéressons nous maintenant aux différences, car, oui, il y en a.

La Corgi a un capot ouvrant, comme le vrai, avec un moteur détaillé, peint en argent. Aménagement rare dans le monde la miniature à l’époque, il permet de jouer au mécanicien dans les garages disponibles sur le marché et entre autre chez ces mêmes producteurs.

Ses phares ne sont pas peints en argent comme sur sa concurrente, mais sont faits de petits strass, que l’on appellera phares diamants ou jewelled lights (là encore étrennés chez Corgi par la Bentley Continental).

Elle possède aussi des montants latéraux, supports de déflecteur de portière, moulés dans la carrosserie, alors que la Dinky ne fait que les suggérer dans sa partie vitrée, par une saignée, s’approchant ainsi plus de la réalité, ces parties étant chromées sur les vraies autos.

Même si l’on ne peut faire la comparaison pour le capot, l’ajustement des ouvrants, donc de la malle, est nettement plus rigoureux chez Corgi que chez Dinky. On espère que les malles de cette dernière sont étanches, car on peut aisément passer un bout de papier dans le coffre sans même l’ouvrir (et sur les trois exemplaires que j’ai eu, j’ai fait le même constat). Dinky, avait-il volontairement, laissé un jeu propre à ne pas abîmer la peinture lors des manipulations du coffre ? En tout cas, sur aucune Corgi je n’ai constaté de problème de ce type, alors que connu sur d’autres miniatures (Silver Shadow Eligor par exemple).

Eh bien ? La dinky n’a-t-elle donc rien pour elle ?

Si ! Elle a la direction appelée « prestomatic steering », bien connue des collectionneurs de Dinky qui en avait équipé et en équipera encore bien des modèles. C’est d’ailleurs regrettable que la Corgi n’en ait pas eu, sans doute à cause de son prix de revient, car la direction maison est souple, progressive, réactive sans être lâche, et a un rayon de braquage extra. Dommage ! Pas d’illustration : l’immense rayon de braquage de la Dinky, fait qu’un cliché ne rend rien…

La Dinky a aussi pour elle son volant, beaucoup plus réaliste, et surtout beaucoup plus réalistement positionné.

Et si le châssis de la Corgi ne semble exister que pour sceller le tout et supporter les mentions de marque, modèle et licence, le sien est détaillé et finement gravé, bien que d’une seule couleur.

Les bagages de la Dinky sont bien moins bruts que ceux de la Corgi, mais qui ont pour eux que le plus grand des deux, une valise, s’ouvre !

Il reste cependant un critère beaucoup plus difficile à juger. C’est celui de la restitution des lignes.

J’ai du mal à me prononcer sur le sujet, car je ne possède pas de Mk X capable de prendre la route (plaignez-moi), et n’ai pas non plus l’occasion d’en contempler souvent.

Pour autant, après avoir regardé des dizaines de clichés de cette auto, dans différentes teintes et sous différents angles, je ne pourrai pas remettre un quelconque prix à l’une ou l’autre des reproductions, mais seulement constater des dissemblances.

Si globalement la Corgi est un peu trop ronde, sa rivale est, elle, un peu trop plate et anguleuse, mais possède généralement une gravure plus fine, comme on peut le voir sur les deux clichés suivants (ah, tiens!, ça me fait penser que j’avais oublié de vous préciser une chose dont on se rend difficilement compte. La boîte de vitesse de la Dinky est une boîte automatique ! )

Les jantes et les pneus sont les standards des deux marques et vont très bien avec l’auto, malgré leur étroitesse.

Vu l’engouement actuel, il me faut bien parler des boîtes. De dimensions quasi identiques (normal me direz-vous, les autos ont des tailles similaires. Détrompez vous, La Rolls-Royce Silver Wraith proposée par Dinky Angleterre en réf. 150 et Dinky France réf. 150 possédait selon qu’elle provenait de l’un ou l’autre côté de la manche des étuis aux cotes très nettement différentes bien qu’il se fut agit, au châssis près, du même modèle), ils présentent les graphisme habituels à chaque fabricant. Corgi figure son auto tous ouvrants… ouverts (!) d’un côté, et fermés de l’autre. Dinky ne la présente que d’un côté, avec malle ouverte et un bagage au pied de la voiture.

Ah ?

Vous aussi ?

Oui, moi aussi, je pense que cette boîte est fausse.

Et voilà ! L’autre boîte disponible pour la Jaguar Mk X Corky !!!

Avec du recul, la Corgi qui me semble plus homogène dans ses traits, emporte mes faveurs, surtout qu’elle fut proposée dans bien des teintes (pas assez de non métallisées à mon goût), lui seyant bien.

Pourtant, lorsque l’on observe ces deux minis, surtout dans des livrées semblables, et que l’on se remémore tous ces détails, il fallait avoir à l’époque, un franc penchant pour une de ces deux marques, pour privilégier l’une par rapport à l’autre. Imaginons-nous à la place d’un enfant n’ayant pas eu plus d’inclinaison pour Corgi que pour Dinky (ou le contraire !). Quels critères majeurs de choix restent-ils ? D’après moi : direction ou capot moteur.

Pourquoi Corgi n’a-t-il pas doté sa Jag’ de sa direction très aboutie ? Qu’est-ce qui empêchait Dinky de fabriquer un capot moteur ouvrant ? Corgi avait déjà commercialisé des modèles ainsi équipés, laissant à son concurrent tout loisir d’en étudier le principe.

Les renseignements glanés par l’un ou l’autre rival n’étaient-ils que partiels ?

Alors si les liens étroits entre les deux manufacturiers n’avaient, pour une fois, pas été des rapports d’adversité, mais une sorte d’arrangement pour se partager le marché de la Jaguar Mk X. Ainsi équipées, leurs miniatures ne laissaient guère la place aux concurrents, et il y en a eu, à cette échelle et à l’époque, bien peu (Je ne connais personnellement que la Norev).

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