Les échelles !

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Les échelles…

Quand on parle de modèles réduits, par définition, on parle d’échelle sans pour autant collectionner les véhicules de pompiers.

D’ailleurs la notion d’échelle n’est pas attachée aux camions rouges ou aux autos à gyrophares mais plutôt au modélisme ferroviaire.

Pour les trains, c’était évident. Il fallait bien que les locos, wagons, et autres tenders puisent se poser convenablement sur les rails pour pouvoir y rouler ! Pour les véhicules routiers, il fallait juste s’approcher d’une certaine vraisemblance dès lors qu’ils ont été produits pour s’accorder (décorer) avec les circuits de chemins de fer réalisés. Il fallait créer des autos qui puissent ne pas choquer une fois mises en situation.

Pour des raisons d’encombrement, il a été souvent décidé de produire, pour des raisons de coût de fabrication et de transport, entre autres, les camions ou autres encombrants (sic !) à des échelles plus petites que les autos. Elles-mêmes n’étaient d’ailleurs pas toutes à la même échelle. Si aujourd’hui encore pour certaines marques dont Dinky-Toys, on entretient le mythe du 1/43, on apprend en toute transparence dans l’ouvrage de référence consacré à la marque que Corgi-Toys, par exemple, a produit des autos du 1/40 (Fiat jolly) au 1/54 (Cadillac Ambulance). Je fais bien évidemment abstraction de toute la production au 1/36 à partir de juin 1972. Cela est clairement expliqué sur le diagramme suivant.

En fonction de la taille d’une voiture, on savait à quelle échelle il fallait la réduire pour qu’elle s’inscrive dans la logique de marché du fabricant.

Pas de quoi crier au loup, puisque c’étaient des jouets. Seulement, pour les porte-auto, c’est embêtant ! Mon premier porte-auto Dinky, que j’ai eu a quarante ans passés m’apporté joie… et déception ! Mes Rolls-royce au 1/48 du même fabricant ne pouvaient être que seules sur chacun des deux étages. C’est vrai que Dinky-Toys indiquait bien que ses camions convenaient à de petites autos. C’est d’ailleurs a posteriori que je l’ai appris.

Donc, hors cet inconvénient mineur, je ne pense pas que les garçons d’alors déploraient le fait que la Mercedes 600 Pullman était en réalité bien plus grande que la Mini Countryman. Ils le savaient de toute façon et leurs yeux d’enfants la voyaient forcément plus grande. Et pourtant, vues côte à côte…

Il n’empêche, mais bon, ce n’est peut-être que parce que mon cerveau n’est plus inventif, que lorsque je vois les deux clichés de jouets quasi-contemporains d’une Bentley et d’un bus londonien, il y a quand même un surcroît de réalisme dans l’un des cas. Et de prix aussi c’est vrai…

Certains de ces enfants, devenus grands, ont continué à acheter des petites autos, mais pour les mettre en vitrine, pas pour jouer. Le respect de l’échelle est devenu, et peut-être cela est-il allé de pair avec l’uniformisation de la production des modèles réduits, une exigence.
Et les fabricants qui ne l’avaient pas encore fait s’y sont mis. C’est d’ailleurs édifiant quand on compare, par exemple, chez Dinky-Toys, la Phantom V de 1961 et celle introduite en 1966. Le plus étonnant c’est qu’elles aient même coexisté au catalogue durant deux ans.

L’échelle est devenue pour tous les fabricants, un argument marketing parfois clairement avancé, avant de devenir un impératif dont le respect est un critère incontournable de crédibilité.

Toutes les vitrines des collectionneurs sont pleines de reproductions d’automobiles que l’on ne croise que rarement sur nos routes, sinon d’exemplaires uniques tapis au fond d’un garage saoudi ou japonais.
Si un quidam en visite chez son ami collectionneur ne connaît pas un modèle, il saura en apprécier les formes. Mais il sera aussi content d’en saisir la taille, parfois spectaculaire, si peu qu’on lui présente la reproduction d’une contemporaine de grande diffusion, à la même échelle. D’où l’intérêt, au-delà de la cohérence d’une exposition, d’avoir une référence commune.

Quand on voit l’incidence que peut avoir un point, aux alentours du 1/43, on comprend facilement pourquoi le collectionneur averti peut être très chatouilleux quant au respect d’une échelle donnée.

Comme on voit bien qu’il y a plusieurs raisons bien légitimes à définir quelques standards d’échelle et à les respecter, on ne peut que regretter le laxisme parfois constaté.

Je vous laisse donc avec un exemple qui ressemble fort à un dédain des collectionneurs de la part du fabricant, qui ne peut ignorer le mensonge imprimé.

Dans le cas qui suit, on met en avant l’échelle qui fait vendre, alors que c’est totalement faux.
Regardez ce qui est indiqué sur la boîte. Et maintenant voyez ce modèle par rapport à un 1/43 avéré.


Edifiant ! Mais encore plus étonnant. Le même fabricant (attention ne pas confondre avec Corgi-Toys) a avancé, pour un autre de ses produits, une échelle peu répandue mais qui est celle qu’il proposa très longtemps. Eh bien, comparez avec un même modèle au réel 1/43 !

Comme Corgi avait aussi édité la fameuse Aston Martin gadgetisée de James…, James Bond, elles avaient ainsi à peu près la même taille. Pourtant quand on respecte l’échelle, voici ce qu’est la DB5 à côté de la Phantom III.
Cela ne donne-t-il pas envie de se voir proposer des échelles respectées ?

On ne refera pas l’histoire, et les modèles anciens sont à prendre tels qu’ils sont.
Mais aujourd’hui, il convient d’observer avec attention les modèles proposés, notamment par certaines marques chinoises. Les Rolls-Royce, Jaguar ou Bentley proposées, quand leurs lignes sont justes, et c’est rare, sont pratiquement tout le temps bien trop grandes. Aux alentours du 1/42 ou 1/41, les berlines standard sont aussi longues que les versions allongées au 1/43. Et cela donne une collection incohérente. Un tel manque d’homogénéité est concevable pour des jouets. Pas pour des représentations statiques qui se veulent être de fidèles répliques d’automobiles qu’elles soient ou non prestigieuses.

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