L’autre Rolls-Royce Phantom V de Dinky-Toys.

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Introduite en 1959, la Rolls-Royce Phantom V était le nouveau haut de gamme de la marque, succédant à la Silver Wraith qui utilisait le vieux six en ligne. La nouvelle Phantom V, utilisant le tout nouveau moteur V8 était toujours proposée en châssis nu, mais Rolls-Royce avait l’habitude de présenter ses nouveautés avec une carrosserie d’un partenaire tel que H.J. Mulliner Park-Ward. C’est son dessin 980 qu’utilisa Dinky-Toys pour son premier modèle en 1962.
Celui dont nous allons parler maintenant est le dessin 2003 du même carrossier. Avec près de 200 ch. Din. cette automobile, même habillée en limousine était capable d’approcher les 180 km/h.

Je pense que vous avez dû lire la page à propos de la première Phantom V réduite par Dinky-Toys. On aurait pu y mettre la suivante, tant les deux vraies automobiles sont proches, juste légèrement dissemblables en termes de carrosserie et points de détails. Mais les modèles réduits sont au contraire fort différents et pas seulement parce qu’en quatre années les jouets avaient beaucoup évolué. Leur échelle empêche toute comparaison, en atteste le cliché ci-contre qui sera le seul parallèle fait entre le modèle au 1/42 dont nous allons parler et son prédécesseur au 1/50 les deux devant avoir le même empattement et la même longueur. Dinky-Toys a commencé à utiliser cette échelle du 1/42 pour la majorité de ses voitures Dinky-Toys après que Meccano a été racheté par Tri-ang en 1964. C’était l’échelle de la gamme Spot-On de Tri-ang qui, elle, sera bientôt abandonnée puisque Dinky-Toys devenait leur marque de modèles en métal injecté.

Tout d’abord, la voiture semble un peu ronde, et pas seulement à cause de ses quatre feux ronds ou à cause de sa malle. Non quelque chose de plus général altère la perception de ses lignes. Mais c’est indubitablement une Rolls-Royce, et sans doute aucun une Phantom V !
Quoi d’autre ? Tout ! Jetons un œil à ses parties ouvrantes. Il y en a pléthore. Quatre portes, dont celles arrières qui s’ouvrent à contresens tout comme sur la vraie limousine. Le capot peut s’ouvrir, comme le véritable, en deux parties opposées. Enfin le couvercle du coffre est lui aussi articulé. Sept ouvertures avec lesquelles jouer. « Toutes parties ouvrantes » comme le dit Dinky-Toys et c’était présenté comme étant « encore une première ! » Quel merveilleux jouet ! Un membre de forum témoigne : « J’ai toujours le modèle de cette Dinky que j’ai conservé de mon enfance (probablement à l’age de 6 ou 7 ans). C’était une de mes Dinky favorites à cause de tous ses équipements (double capot, portes arrières ouvrantes…). Elle a une suspension et également la bien connue « direction du bout des doigts »« . Ça, il valait peut-être mieux le laisser en anglais dans le texte… Et ce n’est pas tout. Il a un intérieur détaillé avec garnitures intérieures de portières, un chauffeur en livrée et deux passagers. Les phares sont de type « diamants » alors que les feux sont juste peints en rouge. Cette volumineuse automobile a aussi des plaques d’immatriculation. Et que serait une Rolls-Royce sans chromes ? Moins Rolls sans doute. Aussi ses parties « chromées » sont superbes. Même s’ils sont en plastique, les pare-chocs la calandre et la statuette sont brillants et réalistes. Les jantes ne sont pas spécifiques au modèle, mais vont très bien à ce genre de véhicule, car elles sont pleines et chromées, ajoutant au réalisme du modèle. Et elles roulent parfaitement, bien qu’elles ne soient pas d’horribles « Speedwheels ». Il y a aussi des rétroviseurs chromés au bout des ailes avant. Et ce détail identifie à coup sûr un tel modèle comme un des premiers. Car, oui, plein de caractéristiques et détails vont évoluer ou disparaître au cours de la vie de cette miniature.

Comme nous le verrons, au cours de son existence, cette Phantom V perdra bon nombre de ses attributs, jusqu’à sa référence ! Sa première référence sera 152, à sa sortie en janvier 1966, avec tous les équipements décrits précédemment. Plus tard, elle aura deux autres références, mais bien moins de fourniments.

Bleu marine, bleu de minuit, bleu presque noir, bleu très foncé… bleu, bleu, bleu. Cette Dinky a toujours eu une robe bleue. Je pense que toutes les petites variations de teinte n’étaient pas délibérées mais dépendaient du mélange un jour donné. Et on verra qu’un bleu très nettement différent sera utilisé plus tard. Certaines personnes l’ont montrée en vert foncé ou bleu moyen, mais on ne peut être sûr qu’elles soient bien originales. Donc pour résumer, une seule couleur : le bleu marine pendant très longtemps ! Une autre plus tard.

Voyons maintenant les variations de caractéristiques dont deux sont étroitement liées. Commençons par des châssis dont il est difficile de parler sans mentionner le conditionnement du modèle. Parce que par exemple, les premiers exemplaires avaient des châssis à deux gorges trouées qui permettaient de fixer l’auto sur son premier type de support. Celui avec plinthe en plastique et carton figurant une route, et couvercle en plastique transparent. Plus tard, ces trous disparaîtront, devenus inutiles. Le conditionnement était alors fait d’une base cartonnée, coiffée d’un « bubble pack » ou couvercle en plastique souple et transparent. Très fragiles, peu de ces dômes ont survécu. Si leur ajustement permettait et suffisait à maintenir l’auto de façon ferme, on peut se demander si la contrainte de fabrication de ces couvercles n’ont pas simplement conduit à éliminer aussi les rétroviseurs. Toujours est-il que ces accessoires disparurent certainement avec l’arrivée de ces packages.

Ensuite disparurent les garnitures de portières, certainement entre 1971 et 1975. Les jantes changèrent pour de très belles et finement ciselées, mais moins appropriées, roues « soleil ».

Revenons aux châssis ou bases dont je disais qu’elles avaient changé. Oui et ce ne sont pas seulement les trous qui ont disparu. Leurs couleurs et aspects, comme on peut le voir sur la Silver Shadow, par exemple, ou même bien d’autres modèles, ont aussi changé. Graphité, brillant ou noir mat, mais aussi une superbe bleu vif. Mentionnons ce point important. Les bases ne furent plus rivetées mais vissées. Etait-ce dû au lancement du kit ? Difficile de se faire une opinion. Certains modèles, jamais proposés en kit auront des bases vissées alors que d’autres les auront toujours rivetées bien que contemporaines à ces derniers.

Depuis son lancement, et jusqu’en 1975, année de son retrait du catalogue, la Phantom V miniature connaîtra beaucoup de changements. En fait nous pourrions plutôt parler de ce qui sera abandonné plutôt que de modifications. Faisons la liste de ce qu’elle a perdu au fil du temps. Ses deux passagers, ses feux diamant, ses portes arrières ouvrantes, ses rétroviseurs, son capot fonctionnel (je pense que le moteur a aussi disparu du coup !) Est-ce tout ? On pourrait dire oui, mais en fait, elle en perdra une autre. Sa référence ! Tous ces changements lui ont finalement donné un nouveau numéro au catalogue : le 124.

Une question maintenant. La Rolls-Royce Phantom V devient en 1968 Phantom VI. Mais ainsi habillée (par Mulliner Park-Ward), seuls les répétiteurs latéraux des clignotants distinguent ce dernier modèle de son prédécesseur. Pourquoi donc Dinky-Toys n’a pas profité de cette évolution pour appeler son nouveau modèle Phantom VI ? C’eût été un argument marketing facile à mettre en œuvre. De plus ajouter des répétiteurs, en relief, nécessitait juste de creuser un peu le moule.

Qu’importe. Nouvelle référence, nouveau conditionnement. Et celui-ci est assez agréable en raison de son dos illustré. Malheureusement l’image n’est pas spécifique au modèle et ne montre pas cette limousine. Mais nous retrouvons avec plaisir sur les emballages des kits le dessin de cette voiture. Les deux montrent l’auto avec passagers et chauffeur menant bon train semble-t-il. Une maquette implique des pièces à assembler et la base à fixer à la carrosserie. C’est, malgré mes remarques précédentes, une des raisons pour lesquelles les modèles vendus tout montés de cette réplique ont utilisé ce même système. La maquette est apparue en 1971 quatre ans avant le lancement de la référence 124. Le premier sous blister a encore des garnitures intérieures de portes. Mais plus tard, sous un autre emballage, dans lequel on retrouve pourtant la même notice de montage, une note indique que ces pièces ne sont plus fournies, ce que j’ai pu vérifier. Les jeunes gens avaient quand même toujours leurs quatre portes à assembler jusqu’en 1977, alors que deux ans auparavant seules deux portes étaient fonctionnelles sur la référence 124, Phantom V toute montée.

Ce modèle n’est pas celui que je préfère parce qu’il a perdu, comme beaucoup de miniatures contemporaines, son caractère ingénu que l’on recherche tous plus ou moins dans la collection de jouets anciens. Et cependant ce n’est pas un modèle très précis ni dans ses lignes ni dans ses détails non plus. C’était une période transitoire dans le monde du modèle réduit… Juste après cela vint le modèle japonais de Tomica qui avait peu ou prou les mêmes caractéristiques mais avec un moule différent. C’est ce dernier moule qui sera utilisé ensuite par Yves Pebernet pour créer son premier landaulet Phantom V que je vis chez Calandre au milieu des années 1980. Mais ceci est une autre histoire, merveilleuse.

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