Spot-On… Queen Elizabeth II Rolls-Royce Phantom V !

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Rassurez-vous, ça ne durera pas longtemps. Non pas que le modèle soit inintéressant, loin de là et sa cote le prouve, mais j’ai du mal à en parler bien que ses caractéristiques soient riches. Quel modèle ? Ou plutôt : quels modèles ? Le même de fait, distribué sous deux références distinctes par Spot-On. La première, 260, est une simple voiture. Simple ? Non, elle ne l’est pas du tout en réalité. Pourtant durant la même période Spot-On commercialisait une Rolls-Royce et une Bentley, toutes deux seulement pourvues de vitres, de sièges et d’un volant. Et leurs peintures métallisées et soignées, souvent bicolores, ne pouvaient en 1963 faire oublier l’absence de pièces rapportées, de suspension, direction ou parties ouvrantes et que sais-je encore. Il est vrai que leur introduction sur le marché remontait à 1959 et qu’à cette époque un intérieur aménagé était un luxe que peu de miniatures proposaient. Mais cette Rolls-Royce Phantom V est absolument royale. Pour plusieurs raisons évidemment. Mais surtout parce que c’est la reproduction assez fidèle d’un des carrosses motorisés de la reine d’Angleterre, la Canberra I limousine sur châssis n° 5AS33. Cette automobile immense tant par la hauteur que la longueur est ici peinte d’une seule couleur, le « royal claret », une sorte de grenat, alors que la vraie voit sa partie supérieure noire. C’est dommage car Spot-On avait démontré sa maîtrise des pochoirs pour offrir des voitures avec des robes de deux couleurs. D’autant plus regrettable que l’auto propose une foultitude d’équipements extraordinaires.  Aujourd’hui presque banals ils sont pourtant uniques à l’époque, et pas seulement parce que le caractère singulier de la voiture l’exige. C’est vrai, il y a quatre personnages et pas des moindres ! La reine elle-même, le prince consort, le chauffeur et un membre du foreign office, comme il se doit. Le couple royal a, sur ses genoux, un plaid, alors que vous pourrez le constater seule la reine le porte tant en automobile qu’en carrosse à chevaux. J’y reviendrai plus tard. Comme c’est une voiture officielle de la couronne, elle n’a pas de plaques d’immatriculation et arbore sur l’avant du toit, intégré à la carrosserie un petit phare bleu. Comme pour les défilés, elle porte à la fois le blason royal, mais aussi le fanion de la couronne qui signifie que la reine est à son bord. Ces pièces sont en plastique gris presque translucide, et le blason et le drapeau sont des autocollants reproduisant fidèlement les armoiries de la famille royale d’Angleterre. Les portes et le couvercle du coffre reçoivent des petites armoiries également qui se détachent nettement sur la robe foncée de la voiture. Comme la véritable automobile, elle possède un toit vitré qui permet à la foule de voir très clairement les passagers (regardez les images du mariage du prince Andrew en 2011 par exemple)… La difficulté était de faire coïncider la structure et les parties métalliques du toit avec sa partie en verre. Le fabricant l’a fort bien réalisé avec un ajustage très précis pour un jouet qui était de grande diffusion à l’époque. Maintenant que l’on a vu les souveraines spécificités de cette miniature, nous pouvons admirer les caractéristiques notables qui auraient pu équiper n’importe quelle voiture. Les pare-chocs, projecteurs additionnels avant, et calandre sont des pièces rapportées, en plastique massif inoxydable (comprenez métallisé). C’est fragile, mais ça brille beaucoup, plus que la flying lady figurée, elle, par une sorte de forme découpée dans une feuille du même plastique que les porte-drapeau et porte-blason. Le cerclage des phares est lui aussi chromé pour entouré un « verre » transparent. Du grand art pour du jouet au 1/42 (oui, comme toujours chez Spot-On et pas 1/43). Les jantes brillent tout autant et reçoivent des pneus souples et un peu trop crantés. Tant que nous sommes dans les roues, il y en a une, de secours, dans la malle arrière qui s’ouvre. Déjà vu ? Oui, mais ce couvercle de malle a deux poignées. Déjà vu ? Non. Celles-ci sont des pièces métallisées et rapportées. Nous sommes toujours en 1963 ! De chaque côté de cette malle les arêtes des ailes accueillent de petits feux rouges en plastique translucide. Et puisque l’équipement est semble riche enfonçons le clou. Les poignées de portes sont aussi des pièces rapportées. Et le sens d’ouverture des portes, normal à l’avant, de type « suicide » à l’arrière a quelque peu facilité la tâche. Une seule pièce fait office de poignées avant et arrière. N’empêche, ça en jette ! Le châssis, dans son moulage, figure, en partie, les suspensions à lames à l’arrière, le tunnel de transmission, et les essieux ainsi que l’emplacement permettant de recevoir la roue de secours. Pourquoi en partie seulement ? me direz-vous. Eh bien pour la même raison que les phares reçoivent un « verre » transparent et que le plaid de la reine couvre toute la largeur et la profondeur du compartiment arrière situé entre l’assise de la banquette arrière et le dossier de celle avant. J’explique. Ce modèle qui reçoit une foultitude d’équipements (nous sommes en 1963, je vous le rappelle) propose en plus des phares et feux électriques ! Et le principe en est tellement simple et fiable que 50 ans plus tard ça fonctionne comme au premier jour. Le châssis est évidé en son centre pour recevoir un réceptacle pour une pile LR6, disponible dans tous les magasins aujourd’hui encore. Sur ce même boîtier vient se visser une petite ampoule. Le tout s’insère d’arrière en avant sous la voiture. Evidemment l’épaisseur du système réduit la hauteur de l’habitacle qui ne peut accueillir que les cuisses des passagers mais pas plus. C’est pourquoi le plaid est là, apte à dissimuler cette anatomie adaptée… Quant aux verres de phares, ils servent tout simplement à passer la lumière venant de l’ampoule. Cette lumière qui se perd un peu dans le véhicule parvient aussi, faiblement, jusqu’aux feux arrières que l’on observera alors plutôt dans l’obscurité si l’on veut l’illusion de l’illumination. L’interrupteur est sur le boîtier et on peut donc vérifier le bon fonctionnement avant de mettre le dispositif en place dans l’auto. Le boîtier possède de petits crans fragiles qui permettent de la maintenir dans l’auto. Ce que j’aimerais bien que l’on m’explique, c’est pourquoi les inscriptions sur le boîtier ne se lisent pas dans le même sens que celles du châssis. Qu’il ait servi ou non à un autre véhicule importe peu. Si cela avait été le cas un peu de  normalisation aurait évité ce qui peut apparaître comme un manque de soin dans la conception. Passons.
Côté conditionnement, avec des années d’avance sur ses concurrents directs, Spot-On propose une boîte entièrement en plastique Le socle bleu est surmonté d’un couvercle transparent épais aux arêtes arrondies. Un paysage très évanescent en bleu et blanc sur un petit carton prend place en arrière plan, un bulletin d’adhésion standard est joint, ainsi que la notice de montage du boîtier électrique. Enfin la boîte vient prendre place dans un insert cartonné bleu.

Cette miniature, dont les caractéristiques autant que le package attestent que Spot-On sait proposer des miniatures haut de gamme, soignées et à la pointe du progrès, bien que diffusée largement, sera tout de même bien plus confidentielle que les roturières Dinky et Corgi-Toys, pour ne parler que des deux majors. Et comme tout ce qui touche la famille royale d’Angleterre provoque une hystérie certaine, bien au-delà des  îles britanniques croyez-moi, vous comprendrez que même à l’état d’épave (une carrosserie copieusement écaillée sans plus aucun accessoire, quatre roues, et un châssis sans boîtier éléctrique) elle s’échange une bonne trentaine d’euros, voire plus. Il faut dire que les pièces de rechange sont plus faciles à trouver que les autos mêmes.

Mais il y a moins courant encore… La même miniature proposée trois ans plus tard. En 1966 donc sous la référence 806. Même automobile ? Oui, mais différente dans des points de détails. La plus notable et évidente concerne la malle de coffre qui ne reçoit plus la poignée verticale. Pour cela le couvercle de la malle a dû être remoulé et le trou qui permettait de l’accueillir n’est plus. Autre différence : La reine a changé de tenue, le prince consort également. Question d’hygiène sans doute… Le châssis comporte maintenant deux orifices dans l’axe du tunnel de transmission. Est-ce que cela suffit à en faire une autre référence ? Oui et non. Les deux petits trous supplémentaires sont la clé de l’énigme. Ils ne sont pas là par hasard. Ils reçoivent deux petites vis. Deux vis pour fixer l’auto sur un socle en carton. Ce socle est en fait un diorama d’une rue londonienne. Et dans cette rue non seulement glisse majestueusement la Rolls-Royale, mais se tiennent aussi au garde à vous, fusil contre l’épaule, six gardes royaux, tandis qu’un enfant court, certainement pour voir la reine. Ces figurines se trouvent aussi en remplacement, ce qui laisse supposer que Spot-On devait avoir prévu une production bien plus importante de sa Phantom V.

Le tout est dans une très large boîte (plus de 30 cm, la voiture est énorme et est au 1/42, voyez la aux côtés d’une autre réduction de Phantom V quasi-contemporaine.) de carton et cellophane, permettant d’admirer de défilé. Certaines ont un sticker « royal occasion » qui augmente encore la valeur de l’ensemble, même si sa taille gâche la vue. Vous en savez maintenant un peu plus sur ce modèle assez coté, plus, semblerait-il d’ailleurs, d’un point de vue financier qu’en terme de popularité. Mais l’un ne va-t-il pas sans l’autre ? Ce que vous devez savoir également, si la référence 806 vous tentait, c’est un détail à propos des personnages. Ceux-ci, afin de tenir debout sur le décor, viennent s’emboîter sur un socle placé sous le carton, grace à un minuscule ergot. Et ce dernier est très fragile. A ce point que cinq des six gardes accompagnant la Rolls-Royce sont arrivés cassés durant le transport. Peu de chances de salut dans la colle. Heureusement, le collectionneur et marchand qui m’a vendu cette petite merveille, a pu me retrouver cinq gardes et même un « Tommy », qui est le nom du jeune garçon. Spot-On proposa une série de sept coffret cadeaux « Tommy Spot » qui contenaient une ou plusieurs voitures, et contenant tous des personnages en rapport avec le thème (policiers, gardes, mécaniciens, pompiers, père de Tommy ! … ) et… Tommy ! Tommy étant habillé, comprenez peint, différemment suivant les coffrets.

Si vous vous acquerrez un tel modèle et que vous vouliez retirer les gardes du décor, soyez, dans un premier temps, très délicat en tirant toujours le soldat dans l’axe puis en poussant l’ergot par-dessous, arrivé peu après la mi-course. Dans un second temps, vous agrandirez d’un iota le trou, grace à un tournevis de précision par exemple.

Quand je montre à des enfants cette voiture que je leur annonce « plus vieille que moi » et que j’allume les phares (ceux de la réf. 260, dont certaines pièces vous l’aurez vu, ne sont plus d’origine) je vois dans leur yeux un émerveillement tant dû à l’objet, qui malgré ses détails présente une bonne dose de naïveté dans son acception première, qu’à son age. Et des regards d’enfants enchantés, sont un bonheur plus fugace peut-être mais bien plus grand que celui des autos de collection.
Sur un salon des collectionneurs j’ai vu, à l’heure du déjeuner cinq enfants d’une douzaine d’années, ne pas parler pendant cinq minutes, tandis que je leur montrai comment s’articulaient les portes-voitures Corgi-Toys et Dinky-Toys, et même avoir eu peur que leur mâchoire ne tombe par terre, quand je tournai la manivelle de l’Unic « Boilot » et du Leyland « Beaver ». La Rolls-Royce de Spot-On a elle aussi de cette magie dans ses gènes. Magie d’autant plus recherchée, que Spot-On n’exista que de 1959 à 1967, et que ses modèles, produits en Irlande du Nord, étaient chers et moins nombreux que ceux de la majeure partie des fabricants de véhicules miniatures.

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