Un modèle pour une automobile classique

0

Les lignes, ici et là sur le site, sur cette miniature avaient laissé quelques lecteurs sur leur faim. Pour répondre à leurs demandes, voici des petites infos supplémentaires sur ce superbe modèle, et grand classique. Petit point tout d’abord sur l’auto. Bentley oui. Coupé, aussi. Mais convertible. Drop Head Coupé disent les anglais. Décapotable donc. Là où Dinky-Toys est moins prolixe, c’est sur la dénomination du modèle. C’est comme si, quelques années plus tard, Corgi-Toys avait commercialisé son superbe coupé DS « Le Dandy » en le nommant laconiquement, Citroën Coupé. Heureusement, même si l’on n’est pas spécialiste de la marque jumelle de Rolls-Royce, le magazine Meccano de Mars 1961 permet d’identifier l’automobile reproduite. Donc il est indiqué en toute lettres qu’il s’agit d’une Bentley S2 coupé. Oui. Clignotants en haut des ailes, année, tout concorde. Et puis on suppose que sous le capot c’est bien un V8 et non plus le 6 cylindres en ligne qui propulse la miniature. Dinky-Toys, comme beaucoup de ses concurrents se devait d’être attentif à l’actualité automobile, mais innovait aussi régulièrement. Toutes les Rolls-Royce et Bentley proposées par Dinky-Toys à la fin des années 1950 et au début de la décennie suivante ont proposé des nouveautés appelées « première ». D’ailleurs, fait révélateur de l’accélération des innovations à cette époque, Dinky-Toys annonçait pratiquement tous les mois, j’exagère à peine : « Another First from Dinky-Toys » de façon presque désabusée. Ben oui ! Encore une première de Dinky-Toys ! Ouais… Bon ! Aut’ chose les copains ?

Alors cette nouveauté ? Un tableau de bord détaillé. Oh les compteurs ne sont pas peints. Il faudra pour ça attendre les décalcomanies au début des années 1980 et plus tard la main d’œuvre chinoise pour voir un tel détail au 1/43 (… 1/50 dans notre cas). Il s’agit d’une planche faite d’un plastique dont les différents tons de marron ne sont pas mélangés uniformément. Elle donne ainsi l’illusion de veines dans le bois, enfin le plastique. Bref, vous m’avez compris. Cette planche est insérée dans deux gorges de chaque côté de la carrosserie. Et s’il lui prenait l’envie de descendre, la base et son chauffeur complice l’en empêchent. Le chauffeur tout d’abord. Parce que ses jambes viennent au niveau de la planche d’une part, et parce qu’il est solidement fixé à son siège par une bouterolle d’autre part.

A ce sujet qui peut me dire ce qu’il en est exactement ? Tous les conducteurs de Bentley ont-ils été en zamak, ou certains ont-ils été en plastique ? J’ai effectivement ce même chauffeur qui semblant bien d’origine, mais qui est en plastique. Est-ce une version plus tardive ? Puisque nous parlons de versions, donc de variantes, vous connaissez bien évidemment les deux couleurs de sellerie. La bordeaux et la rouge. C’est avec cet intérieur plus tardif que je la préfère. Si j’affirme que le rouge est apparu après le plus triste bordeaux, c’est que la publicité pleine page au dos du Meccano Magazine de mars 1961 indique sans ambiguïté que la sellerie du nouveau modèle est bordeaux. Le gris assez neutre de l’auto ne contraste, dans ce cas, qu’avec le couvre capote marron clair. C’est pourquoi j’aime bien les sièges rouges qui illuminent, croyez-moi, ce superbe modèle. Plus tard, fut proposé un coloris totalement différent. Un cuivre, assorti à un intérieur magnolia, et un couvre capote bleu roi. Elle est certainement plus belle encore, mais je la trouve moins « Dinky » ! C’est bête, n’est-ce pas ? Je trouve que les couleurs métallisées, apparues en février 1962, chez Dinky-Toys Angleterre, pour la première fois sur la Rolls-Royce Phantom V, sont certes adaptées car souvent présentes sur les véhicules haut de gamme du moment, mais inscrivent les produits de la marque dans une modernité qui n’est pas ce que l’on recherche aujourd’hui dans un tel jouet. Logique. La version cuivrée semble être la plus tardive des trois. J’ai constaté sur tous les modèles que j’ai pu observer dans cette combinaison de couleurs, un défaut sur l’aile avant droite qui pourrait révéler une usure du moule. C’est qu’il a servi ce moule, et les exemplaires, chaque jour offerts à la vente confirment que c’est un modèle très répandu. Jusqu’en Afrique du sud où Harris assemblaient les pièces détachées que lui envoyait l’usine de Binns Road et où elle fut proposée en deux coloris connus à ce jour, crème et citron vert. Et même en Inde où le moule ayant déjà bien vécu permettra après son rachat par Nicky-Toys, de faire perdurer ce modèle dans une infinité de variations de teintes et de roues. Ce fabricant proposera même une version très rare de Rolls-Royce Silver Cloud II cabriolet avec boîte spécifique. Je ne sais pas par contre si sa base reprenait celle de la Bentley, référencée 194 aussi en Inde. Ce qui est sûr par contre, c’est qu’il est tout à fait possible, sans que cela ne choque, de remplacer la calandre Bentley par celle de la Phantom V (réf. 198). Dernière utilisation connue (de moi) de ce moule est celle faite par le fabricant Norvégien de petites auto en caoutchouc, Tomte-Lardal.

M. Roulet qualifie ce modèle de joli, ce qui pour quelqu’un qui n’a pas tendance à l’épanchement dans ses ouvrages, n’est pas le moindre des compliments ! Et c’est vrai qu’il est beau. D’abord parce que cette Bentley (et donc Rolls-Royce) demeure une des plus élégantes automobiles qui soient, ensuite parce-que Dinky-Toys la raconte de façon fidèle tout en la projetant dans une sphère Peter-Panesque (ooops !), où sa silhouette familière devient la formule magique capable de rêvéler – j’assume sur cette orthographe – aux sages pères de famille le monde imaginaire de leurs enfants.

Si même des collectionneurs qui ne collectionnent ni les Bentley ni les Dinky-Toys anglaises ont ce modèle dans leur vitrine c’est qu’il a d’autres qualités. Outre une sellerie fidèle dont la peinture, typique de ces années là, donne un aspect matière assez réaliste, elle propose, vous venez de le voir quelques lignes plus haut, un chauffeur. Non, ce n’est pas une première. Non, ce n’est pas grand-chose mais oui, c’est énorme ! Une voiture sans chauffeur n’est jamais qu’une autoïmmobile. Cet accessoire, alors même qu’il l’enferme tout à coup dans le conformisme du dictionnaire, la libère, lui donne vie. Elle devient automobile. Libre d’aller sur des routes bucoliques au son feutré de ses huit cylindres, d’avaler les rubans autoroutiers, déroulés telles des traînées d’avions qu’elle laisse derrière elle, ou de flâner, un rien snob, sur la riviera. Elle peut sans effort accueillir pour peu que l’on en ait, des passagers à l’avant comme à l’arrière.

Je voulais juste attirer votre attention sur combien la présence d’un conducteur change la perception que l’on peut avoir d’une auto miniature. Combien elle apporte la vie. Là où ça ne va plus du tout, mais plus du tout, c’est si vous la posez sur un porte-voiture…

Vivante, cette Bentley l’est. Grâce à son conducteur donc, mais aussi grace à sa suspension souple mais efficace, à sa direction agréable, sinon aussi aboutie que celle de la Bentley Corgi-Toys. Malgré sa planche de bord, son pare-brise et ses ensembles pare-chocs et calandre, elle reste très simple de conception. Deux pochoirs étaient utilisés, l’un pour la sellerie, l’autre pour le couvre capote. Comme toujours chez Dinky-Toys, les démarcations sont assez nettes. Les jantes connues ne sont que d’un type : convexes. Et tous les pneus que j’ai pu voir sur la dizaine d’exemplaires que j’ai eu chez moi sont des pneus « M ». L’étui, lui aussi, ne sera que d’un type, avec une nuance dans le jaune du fond, comme par exemple pour celui de la Rolls-Royce Silver-Wraith. Enfin, le conditionnement comportait un anneau de carton, ou cale, qui protégeait le pare-brise durant l’acheminement vers les détaillants.

Peut-être avez-vous des anecdotes se rattachant à ce modèle, ou des informations complémentaires. Car enfin, c’est le type de modèle superbe, mais avec peu de variantes connues, à l’histoire assez limpide, et qui enthousiasmera les amateurs de l’automobile ou de la marque, voire l’esthète, plus que le collectionneur de Dinky-Toys. Il lui reste cependant un argument de taille : un prix mesuré. Quel qu’il soit, comptez 15 à 20 % de plus pour une version à intérieur rouge, et 60 à 70% pour un exemplaire de couleur bronze. Les versions indiennes s’échangent sensiblement au même prix que la version la plus courante, quant aux sud-africaines elles s’échangent jusqu’à 25 à 30 fois la somme consentie pour le modèle gris à intérieur bordeaux. Si la ligne de cette auto vous plait, n’hésitez pas à vous en procurer une. C’est sinon un modèle dont on peut très bien se passer. Dans ce cas, écrivez-moi pour dire comment vous pouvez avoir autant de volonté. Ce serait pour moi un grand pas vers une certaine sagesse.

Want to leave a note? Just fill in the form below.

Laisser un commentaire

Copyright © 2010-2017 Corky Tous droits réservés
Ce site utilise le thème Desk Mess Mirrored, v2.2, de BuyNowShop.com.