Vif argent… à roulettes.

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Il est facile de parler d’un modèle Corgi-Toys, Dinky-Toys, CIJ, Solido, et j’en passe… Si l’on possède le modèle et que l’on est capable de prendre quelques clichés montrant clairement le jouet, la littérature existant pour les marques les plus connues est courante, et l’on pourra facilement raconter sa genèse, livrer des anecdotes, parler chiffres de production.

Voilà pourquoi, il ne me sera pas facile de vous apprendre beaucoup de choses sur ce porte-voitures Fiat 682N du fabricant de jouets Mercury, autres que celles que j’ai observées sur mon exemplaire. Il a une caractéristique peu commune dans ma collection. Celle d’avoir été un coup de cœur, mais aussi d’avoir été longtemps désiré. Car l’objet ne se trouve pas facilement. On peut en voir en vente plusieurs par an, ce qui fait que l’on ne peut pas parler de rareté à son sujet. Cependant, il reste convoité, et le trouver à l’état neuf peut s’avérer une quête difficile.

La production Mercury fut bien moins importante que celles des ténors du jouet. Suffisamment notable cependant pour en faire un incontournable dans cet univers. En nombre et en diversité. Certaines marques confidentielles ayant produit une poignée de modèles différents ne pourront constituer à elles seules l’ossature d’une collection, mais peuvent, à la limite, intéresser quelques monomaniaques (n’y voyez aucune dérision ce fût mon cas) qui y trouveront un article propre à satisfaire leur obsession. En revanche, Mercury a proposé nombre de références, et sur une longue période. Voilà les raisons classiques de l’intérêt d’une marque. Heureusement pour les amateurs, bien des modèles restent abordables et assez faciles à dénicher.

Revenons à nos camions. A ce camion; je n’en ai qu’un. Un bref examen va permettre de comprendre le désir qu’il peut susciter.

Plus que jamais je vous invite à me contacter (corgi.toys@yahoo.fr) pour apporter, à moi, mais aussi à tous les lecteurs des pages de ce site, toute information qui permettrait d’en apprendre plus sur les caractéristiques de cet objet ou de ses conception, production, diffusion…

Grace à « Passion 43 », grand magazine miniature, l’offre Mercury de 1960 n’a plus aucun secret pour nous, fidèles lecteurs. Nous y voyons déjà ce porte voiture illustré et désirable.
Le tracteur avec les deux ponts porte la réf. 99 et la remorque avec monte-charge (montoto ?) la réf. 100.

Faisons une petite revue de conception. Commençons par le Fiat. La cabine, sans vitres (les modèles tardifs en seront équipés), est en zamak peint, et a été proposée, comment souvent chez Mercury, en un grand nombre de couleurs différentes. Bleue, orange, rouge et d’autres j’en suis sûr. Elle possède un siège unique, côté droit comme c’était bien le cas sur les routes italiennes de ces années là, et le volant correspondant. C’est un point à noter, tant la « norme » des modèles réduits de l’époque étaient d’avoir d’abord des vitres sans aménagement intérieur, ceux-ci ne venant qu’après que les habitacles ne furent hors d’air. Le dessus de la cabine comporte un panonceau moulé, accueillant en décalcomanie le triangle jaune sur fond bleu, réglementaire pour les véhicules tractant une remorque (ou pour les charges supérieures à une valeur donnée ?). Sous le pare-brise, à droite, on peut lire 682 N, preuve de la maîtrise du coulage sous pression du fabricant italien. Calandre, et décorations sont superbement appliquées à la peinture argentée au pochoir, tout comme les ailes qui, elles, sont peintes en noir. Le pare-chocs fait partie du châssis et l’ajustement et bien réalisé. La délimitation des feux est, elle, tellement bien faite que l’on peut penser qu’il s’agit de pièces rapportées. Et c’est le cas. Ils sont aussi couleur argent et dépassent de quelques microns dans l’habitacle comme on peut le voir à la base du volant sur le cliché correspondant. De ce côté de la cabine également, ils apparaissent en argent ce qui peut laisser penser qu’ils sont teintés dans la masse. Cependant l’aspect extérieur suggère plutôt une peinture argent. Je ne démonterai pas pour vérifier, qu’on se le dise.
Ce châssis porte donc la cabine, le premier plateau et la structure en zamak. Celle-ci participe grandement au charme du camion. Ici nous n’avons pas les piliers massifs d’un Bedford Pullmore ou du Leyland Beaver reproduits par Dinky-Toys. C’est presque de la dentelle. C’est aérien, léger, fin. Un peu de la haute couture italienne. L’échelle, fixée sur la partie inférieure de la structure, et rivetée à cette même structure en même temps que le plateau supérieur, est une belle pièce. On peut regretter le montage et la peinture approximatifs de certains modèles (je parle des voitures que je connais), tant la qualité et la finesse des moules est grande. Sur ce modèle rien de tout ça. La qualité de peinture est très bonne sur cet exemplaire, sans égaler toutefois une Corgi-toys ou une Dinky-Toys standard. Les jantes sont également en zamak moulé et peintes en argent et sont superbes. Une roue de secours est présente sous le châssis à l’arrière du tracteur. Les pneus aux sculptures réussies sont souples et peuvent être déjantés sans souci après 50 ans, ce qui me fait penser qu’à l’instar de l’électricité sur les véritables autos anglaises des années 1960’s, les pneus des Corgi-toys et Dinky-Toys de cette même époque sont une catastrophe, comme une marque de fabrique ! Pratiquement jamais sur une Quiralu, une Solido ou une Mercury je n’ai trouvé des pneus séchés ou craquelés. (Pour l’anecdote les Replicars, Western Models, Top-Marque des années 90’s souffrent des mêmes problèmes).

Poursuivons, et observons les plateaux. Ils ne sont pas en zamak mais en tôle, fixés par rivets à deux structures en zamak, le tout étant vissé sur le châssis. Ces plateaux participent d’une part à la fidélité de l’ensemble puisque leur épaisseur est vraisemblable, et d’autre part à modérer le poids du jouet. Le supérieur comporte des discrets garde-fous latéraux au niveau de la cabine, ainsi que deux minuscules butées à l’avant pour empêcher les voitures de plonger devant la cabine. Mais sinon, mis à part des pistes très légèrement profilées, point de cales, d’aspérités, ni même de cavités pour immobiliser les voitures, quoiqu’un système pour le moins singulier fût livré avec. Il consiste en quatre épinglettes à positionner, de la façon que vous pouvez voir illustrée, sur les ponts, avec la plus grande prudence pour qui veut respecter la peinture du camion. Pour joueurs précautionneux donc ! De plus, bien qu’en zamak, je ne parierais pas sur la solidité de la structure, même rigidifiée par l’apposition des plateaux, mais j’ai peut être tort, tant l’architecture semble ingénieuse. Cette dentelle (ou toile d’araignée, c’est selon), requiert des doigts fins pour mettre les voitures sur le premier niveau. Et les en sortir requiert plus de minutie encore…

C’est bien beau, mais comment charge-t-on les belles italiennes sur ces plateaux ? Eh, bien grace à la remorque ! Un peu comme le chargement de la remorque Dinky-Toys n° 985 nécessite la présence du tracteur n° 984  pour accéder au plateau supérieur. Dans le cas du Fiat, il faudra aussi que la remorque soit dételée, pour l’approcher au plus près du tracteur afin que les autos puissent passer de l’un à l’autre.

Oui mais encore ? Ah oui, il faut utiliser la monstrueuse (au premier sens du terme) rampe de chargement.
Et comment ça marche ? Hmmm ? Eh bien, j’ai fait dans la simplicité, et vous propose donc une petite vidéo qui montre bien comment cela fonctionne. Oh bien sûr, mais vous l’aurez compris, cette rampe se redresse pour bloquer les autos sur les rampes, mais ne s’incline pas au-delà de la position horizontale pour l’ascension des autos depuis le sol jusqu’au premier niveau. Une roue crantée, du côté opposé à la manivelle, permet d’empêcher la descente inopinée du plateau. Elle se déverrouille aisément avec une tige de cliquet assez longue. Peut-être faudrait-il une goutte d’huile dans les rails, car si elle monte sans problème, la rampe de ma remorque ne descend pas facilement et il faut appuyer dessus délicatement pour la ramener à sa position basse.
Elle peut s’avérer petite pour certaines autos. Américaines, Bentley et Rolls-Royce par exemple. Mais plus grande, elle aurait été peut-être plus fragile, ou plus adaptée à la taille du dispositif.

Serait-ce à dire que le tracteur seul ne peut charger de voiture ? Dans cette configuration non. Je ne sais pas si les premiers exemplaires pouvaient être vendus séparément ou non. En tout cas, ils avaient bien deux références distinctes et deux boites différentes elles aussi de part leurs dimensions. De ces boites on retiendra qu’elles ne présentent absolument aucun intérêt. Juste une inscription de la réf. Pas même une illustration ou une description. De petites boîtes à chaussures en quelque sorte. Mais moins bien. Seulement plus tard, on trouvera proposées par Mercury de nouvelles références. L’ensemble est réuni dans un seul et même coffret cadeau (scatole regalo) aux superbes illustrations, boîte qui servira une fois équipée d’un aménagement intérieur adapté recevra le tracteur seul ainsi que quatre autos. Avec la référence 82, nous sommes en terrain connu, mais la 83 montre un tracteur seul.
Voilà l’adaptation faite par Mercury et que l’on retrouvera aussi, sans voitures, référencée 95. Le châssis du tracteur, à l’empattement plus court que celui de la remorque, reçoit une structure inspirée de celle qui équipe cette dernière. Elle est en effet bien plus courte, mais se termine par l’impressionnant dispositif élévateur à l’arrière. Evidemment, cette charpente semble identique, mais elle est bien traitée différemment.


Le mécanisme complexe est unique dans la production des répliques. A l’usage, il apparaît moins fragile qu’il ne pouvait sembler, statique. Si l’on peut penser que c’est ce qui en fait son attrait principal, ce ne fut pas le cas pour moi. J’ai trouvé, et trouve encore, cette partie arrière disgracieuse. Excroissance nécessaire pour obtenir un dispositif fonctionnel ? Pas seulement.
Jusqu’ici, je n’avais pas évoqué le modèle réel, parce que je n’y connais rien en camions. Mais force est de constater, lorsque l’on regarde des photos de ce camion sur le web, que c’est bien sa bouille aux traits 60’s que Mercury a reproduit. S’il a pu composer avec les contraintes de l’industrie du jouet pour la partie transport de voitures, il n’y pourtant que peu de place pour la fantaisie. Le cliché du même camion chargé de onze Fiat 500, pris en 1959, témoigne du sérieux de la marque italienne de modèles réduits. Certaines traverses de charpente ne sont pas orientées dans le bon sens, et le jouet ne propose, sûrement pour des raisons d’économie, qu’une remorque sans roues jumelées. Rien ne prouve cependant que de véritables porte-voitures n’aient pas eu le même agencement que le jouet. Oh pardon, ce n’est pas la queue qui remue le chien. Oui, on peut penser qu’il ait existé en réalité des combinaisons un peu différentes et ayant servi au dessin de ce jouet.

Il a une véritable présence et concentre beaucoup des charmes de la fin des 50’s et début des 60’s. Les teintes utilisées et l’aspect de la peinture, la matière et le poids. Une échelle donnée pour du 1/45, mais à mon avis un peu moins, en tout cas adapté à des mains d’enfant. Un jouet sensuel puisqu’il émoustille les sens. Et l’imagination n’est pas en reste. Qu’elle fut celle de l’enfant d’alors ou celle de l’adulte d’aujourd’hui qui voyage dans le temps grace à ce camion désirable. Après que le facteur me l’a apporté, j’ai eu beaucoup de peine à trouver la place qui le mettrait en valeur, sans occulter les autres transporteurs spécialisés qui étaient exposés avec lui, et qui méritaient toujours leur place, bien que beaucoup plus courants et connus. Il a cependant cette personnalité que le distingue immédiatement des productions en zamak anglaises ou françaises.
Et cet attelage a tout de même un gros défaut qu’il faut bien mentionner. Il tourne encore moins bien que le Le yland évoqué plus haut. La seule articulation se trouve au niveau du crochet du tracteur. Que la cabine ne possède pas de direction, soit. Mais que l’essieu avant de la remorque ne soit pas articulé, c’est fort dommageable. Etait-ce donc si compliqué à concevoir et industrialiser, alors qu’un effort a été fait pour réaliser un superbe timon en zamak ? D’autant plus que le dessous montrent clairement un ensemble ailes/essieu rapporté sous la structure, autoporteuse, de la remorque qui ne repose pas sur un châssis. Mais c’est vrai que le porte-à-faux avant est grand et la réalisation du timon eût pu poser problème. Mon tracteur était dans un état tellement neuf que la peinture solidarisait encore le crochet à son axe de rotation. Je me trouvais donc avec un convoi de 44 centimètres de long, plus rigide que la justice. Il m’a fallu beaucoup d’application et une lame de cutter pour arriver, sans dégâts, à le faire pivoter.
Un gros défaut d’ergonomie, mais une fonctionnalité géniale. Et une gueule ! Ce sont ces deux derniers points qui expliquent les prix élevés de ces jouets, tout autant, à mon avis, que sa relative rareté.

D’ailleurs, les cotes s’envolant pour les Mercury ces derniers mois, j’ai arrêté la collecte de ces modèles, revenant aux classiques de ma collection. A savoir, Corgi-Toys, Dinky-Toys, Bentley et Rolls-Royce.
Ah ? Ces deux dernières marques auraient été reproduites par Mercury. Il va falloir que je m’y intéresse alors.

Je vous livre, en guise de conclusion, une anecdote livrée sur le sujet d’un forum que j’avais ouvert.

« Pour avoir eu…. il y a trèèèèèèès longtemps, un porteur Fiat du type 600 de chez Mercury, je peux vous préciser que c’était dans les années cinquante. Plus précisément entre 1955 et 1957. Etant à Menton pour les vacances de Pâques, je jouais avec le camion d’un petit copain. Mes parents voyant que je m’amusais comme un fou en chargeant et déchargeant mes petites voitures par le rampe articulée, avaient décidé de m’acheter le même pour que « les cloches de Pâques » me l’apportent. C’est pour finir le père du petit copain, un client du même hôtel qui s’est proposé d’aller le chercher à Ventimiglia dans le magasin où il avait acheté celui de son fils. Je me rappelle d’une assez grande boîte en carton bleue avec le camion avec cabine rouge et sa remorque. Comme la boîte était assez grande, il se peut qu’il s’agissait d’un set avec des petites voitures en plus… mais je ne me rappelle plus de ce détail. Par contre, je me souviens avoir eu une Fiat 1100 verte […] et une Alfa Roméo 1900 Berline bleue « Gauloise » de Mercury, mais peut-être à une autre époque. Pour le camion, je suis certain de l’époque.
J’ai toujours admiré le sens du détail chez Mercury. Il suffit de regarder les jantes du camion. On aurait dit des vraies. Alors que chez Dinky, non ! »

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