L’inde fut une colonie britannique

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Vous le lirez dans « histoires de moules« , des marques ont réutilisé des moules de miniatures à succès, pour constituer avec un faible investissement une gamme de départ. Evidemment, lorsque le nom de Dinky-Toys est évoqué, cela a de grandes chances de susciter un grand intérêt. Voici donc un exemple de jouet fait à partir d’un moule Dinky-Toys. C’est la Bentley S Continental, proposée sous la réf. 194 (comme la Dinky-Toys, et l’on verra pourquoi) par Nicky-Toys que nous allons observer. Attention, il y a eu tellement de variantes (roues, bases, personnages, feux…) et de coloris, que cette petite étude ne vaut que pour cette version donnée. Et pourtant, elle permet déjà des découvertes intéressantes. Nicky-Toys (parce que le nom de Dinky-Toys était déjà pris ;)) est une entreprise fondée, peut-être à la fin des années 1960, en Inde par Atamco. Elle utilisera, entre autres, les moules des Jaguar 3.4 litre, Mk X, des Triumph Spitfire, de Mercedes, d’autos de course, d’avions, … Mais revenons à cette Bentley qui fut la première Nicky-Toys de ma collection à ce jour.

Commençons par les dessous de l’auto.

On constate que le plancher est noir mat.

Mais ce qui frappe avant tout c’est que tout a été effacé sauf l’inscription « BENTLEY S2 ».

Le lettrage et sa position sont identiques. Et les mentions légales, sous la partie arrière de l’auto, n’ont, soit pas bien été effacées de la plaque d’impression, soit sont apparues de façon partielle plus ou moins accidentellement à cause d’une matrice mal retravaillée. Ou peut-être la plaque d’impression achetée à Dinky était archi usée… Voilà pour quoi elle a été référencée 194 comme le modèle anglais et pourquoi aussi la Rolls-Royce Silver Cloud de Nicky-Toys sera, elle, référencée… 094.

De toute façon, et mes remarques suivantes le montreront, tout a été fait à l’économie, mais au plus près du style Dinky-Toys, non pas forcément de la 194 originale, mais des Dinky ou Corgi contemporaines.

Donc la base d’abord: pas de marque, pas d’indication de provenance…

On constatera, que les roues sont moulées d’une seule pièce (économie), l’enjoliveur étant lui une pièce rapportée, et que les axes de roues sont très fins (économie). Oui dans ce cas aussi, car ce ne sont en rien des roulements rapides, bien que le moulage des roues fasse penser qu’il ait été souhaité une fine bande de roulement (visible sur le périmètre intérieur) pour minimiser les frottements. Bref, elle ne roule pas mieux que son aïeule anglaise.

Le roulage est donc peu convaincant sur des surfaces assez lisses, par contre la suspension a un grand débattement et beaucoup de « ressort ». Peut-être est-ce là une adaptation au réseau routier indien…

Ce qu’on devine au niveau de la fixation du pare-chocs arrière, c’est la quasi absence d’ébavurage (économie), ce qui sera confirmé en regardant l’auto sous d’autres angles.

Continuons notre inspection.

On voit bien au dessus du pare-chocs arrière, les gros défauts de la caisse, l’application de la peinture de plaque, ET de la capote au poch… au pinceau !!! (économie).

Le conducteur n’est plus en métal mais en plastique (économie), et tient son volant plutôt haut.

Les roues plastiques, pleines sur cet exemplaire, sont moins belles que celles des Dinky, mais plus sympa que sur d’autres séries de Nicky-Toys. Les roues boutons fortement inspirées des Corgi-Toys et aussi des Dinky-Toys anglaises contemporaines ont, comme vous pourrez le voir sur un cliché Collectoys, un effet assez désastreux. Mais certaines, vraisemblablement parmi les premières produites, ont eu des droits à de belles jantes en alliage tournées. Au vu de l’indigence de la manufacture, je pense que ce sont tout simplement des stocks de chez Dinky-Toys qui furent d’abord utilisés, évitant l’achat d’un outillage coûteux avant de recourir au plastique.

La peinture, mais c’est difficile à rendre en photo, n’est pas bien uniforme, et on peut penser que même la teinte principale fut appliquée au pinceau…

On constate sur le cliché un ajustage de la calandre avec la carrosserie assez approximatif et la peinture des veilleuses… trop en arrière… des veilleuses. Et peintes tellement mal que pratiquement tous les clichés de tous les modèles que j’ai pu voir, font penser à un éclat de peinture !

On voit bien ensuite sur une photo de face la peinture très mal appliquée au niveau de la capote.

On remarquera aussi, et c’est plutôt, cette fois, une amélioration par rapport à l’original, ce sont le phares en plastique translucides. Ils auraient cependant mérité un cerclage chromé.

Là encore l’ébavurage (bas de la plaque d’immatriculation) est quasi inexistant.


Nous avons là, malgré tout, une miniature attachante qui montre ce qu’ont pu devenir certains moules Dinky-Toys, et quels atouts marketing étaient utilisés par leurs exploitants.

C’est ce que je vous propose de voir avec la boîte, plus petite que celle de la Dinky-Toys.

Moins de carton (économie). Mais un véritable appel du pied pour les jeunes clients !

Elle reprend les illustrations pleine face que vous connaissez bien, les inscriptions et codes couleurs habituels aux Dinky-Toys, et même, vous l’avez vu plus haut, la même référence !

Les lauriers sur la boîte, ne vous rappellent-ils rien ? Ce sont, à s’y méprendre ceux que l’on ne trouve pas encore sur la boite Dinky-Toys de 1961, mais plus tard, dans la même décennie, sur pratiquement toutes les boites anglaises et françaises de la marque.

Un trou est présent sur une face.
Est-ce pour laisser apercevoir le coloris (un grand choix était proposé) de l’auto ? Mais c’est difficile de l’y apercevoir au travers.
Là encore, cette caractéristique ne fait que coller à l’usage européen du moment.


Sur les rabats, on trouve un mensonge, en anglais lui aussi. Oui, comme vous l’avez remarqué tout est écrit en anglais, ce qui peut se comprendre dans un pays tout juste délesté du joug colonialiste et culturel de l’occupant britannique. Les pneus ne s’enlèvent pas. Alors interroger son revendeur pour des pneus de rechange alors qu’il est impossible de les enlever…
Enfin si, sans doute, mais très certainement après que l’on aura arraché la roue de son axe.

Et le cliché de Collectoys avec des roues… Enfin des roues, C’est déjà ça !

Malgré toutes ces critiques, ce modèle vraiment sympa, à la limite de l’artisanat, n’est pas prêt de quitter ma vitrine tant il s’accorde à merveille avec ses cousines, anglaises et sud-africaine.

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